

Afin d’encourager la recherche et la valorisation du patrimoine industriel ainsi que les initiatives innovantes des étudiants dans ce domaine, le CILAC a décerné, samedi 7 décembre 2024, le Prix CILAC Jeunes chercheurs-chercheuses, d’un montant de 800 €.
Pour sa douzième édition, le jury a apprécié la grande qualité des dossiers et l’aisance orale des candidats, dans des approches différentes qui toutes contribuent à connaître et mettre en valeur le patrimoine industriel.
Deux candidats ont été récompensés : Dunkan Liman de l'Université de Nantes en recherche théorique et Eve Meyer-Hilfiger de l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris-Belleville en recherche appliquée.
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Dunkan LIMAN, Nantes Université, Master 2 Épistémologie, histoire des sciences et des techniques, La monumentalité portuaire en Basse-Loire : Pour une étude technique et patrimoniale des engins de levage lourds à Nantes et Saint-Nazaire aux XXe et XXIe siècles
La Basse-Loire voit au XIXe siècle l’installation d’entreprises de construction maritime qui se structurent postérieurement en chantiers navals. Érigeant des navires de tous types, ces grandes industries concentrent l’ensemble des étapes de production, nécessitant le besoin d’importantes infrastructures et de machines adéquates telles que les grues, les cales et les ateliers de construction. L’histoire des grues proposée dans cette étude s’établit selon une approche comparative des engins de levage lourds ligériens : les trois grues Titan (la jaune, la grise, la noire) de Nantes et la grue Gusto de Saint-Nazaire. Il s’agit d’aborder d’interroger la place de l’historien des sciences et des techniques à l’égard du patrimoine industriel et de la mémoire, en 2024. Édifiés au cours du XXe siècle, ces objets techniques présentent des singularités qu’il convient de souligner, dans le dessein de les faire dialoguer, tout en insistant sur les dynamiques qu’il est possible de mettre en lumière. Ils forment un symbole servant l’identité maritime locale et contribuent à la construction d’un territoire singulier dans l’estuaire ligérien. L’examen thématique sur l’histoire/la philosophie des techniques, et la manière de construire un rapport avec le patrimoine industriel et la mémoire ouvrière, soulignent la diversité des fonctions d’usage de ces objets au cours de leur existence.
Ces grues suivent alors une temporalité d’usage, justifiée : d’abord dans le passé par leur usage industriel de la manutention portuaire et de la construction navale, puis dans le présent par leur usage patrimonial et mémoriel au service de la contemplation et de la transmission.
Aujourd’hui, les grues Titan font partie intégrante du patrimoine culturel nantais, et la valeur d’usage industrielle pour laquelle elles sont connues est devenue une valeur d’échange et de transmission pour les acteurs locaux.
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Eve MEYER-HILFIGER, ENSA Paris-Belleville, Master 2, Composer avec les vingt-quatre moulins de la Vaucouleurs
Les moulins hydrauliques de la vallée de la Vaucouleurs constituent un ensemble patrimonial méconnu et en déclin. Témoins de la première révolution industrielle, ils peuvent pourtant participer au débat sur la conservation du patrimoine et l’environnement. Le projet s’articule autour de l’étude de 24 moulins situés le long de la Vaucouleurs, affluent de la Seine. Ces moulins ne sont pas seulement des vestiges du passé industriel ; ils sont porteurs de solutions innovantes pour repenser la gestion des ressources en eau et en énergie, dans un cadre où le patrimoine industriel rencontre les défis du XXIe siècle. Cette étude, en explorant les multiples dimensions historiques, sociales et environnementales des moulins, met en lumière leur potentiel pour devenir des acteurs majeurs de la transition écologique. Leur réhabilitation pourrait s’inscrire dans une démarche de bio-régionalisme, en créant une synergie entre mémoire locale, autonomie énergétique et développement durable.
Les moulins de la Vaucouleurs représentent un patrimoine à fort potentiel écologique et économique. Leur réhabilitation pourrait contribuer à une gestion durable des ressources hydrauliques locales, notamment en introduisant des productions d’énergie verte et des circuits courts pour l’agriculture.
Composition du jury :
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Marie-Françoise GRIBET, Professeure des universités émérite, Présidente
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Anne-Céline CALLENS, Maîtresse de conférences, Université de Saint-Etienne
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Anne-Laure CARRÉ–COURSARIS, musée des Arts et métiers
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Jean-Louis KEROUANTON, Maître de conférences, Vice-président, Nantes Université
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Jean-Bernard CREMNITZER, Architecte
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Florence HACHEZ-LEROY, Professeure des universités, Université d’Artois, Présidente du CILAC
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Paul SMITH, Historien, Secrétaire général du CILAC