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4) RAPPORT NATIONAL XIIe Conférence internationale pour la conservation du Patrimoine industriel (TICCIH) MOSCOU/ OURAL, 10-18 juillet 2003

Geneviève DUFRESNE, Maître de conférences d’histoire, Représentante nationale française auprès de TICCIH

Si l’on tente de dresser un bilan de l’état du patrimoine industriel en France depuis la dernière conférence de TICCIH (en Grande-Bretagne en 2000), on est frappé par l’engouement qui semble avoir saisi à la fois les décideurs, les chercheurs, les architectes, les journalistes et le public. On ne compte plus les colloques, les ouvrages, les articles, les numéros spéciaux de revues diverses sur ce thème. Cela veut-il dire que la partie est gagnée ? Est-ce seulement un effet de mode ? Un créneau bon à prendre pour certains ? Il est peut-être trop tôt pour se réjouir totalement mais, au nom de tous ceux qui ont « milité » depuis des années et qui avaient parfois l’impression de prêcher dans le désert, nous devons constater les progrès accomplis, tout en ne perdant pas de vue qu’il reste beaucoup à faire et que le temps presse plus que jamais, afin de sauver ce qui peut l’être encore. Notre optimisme s’appuie sur plusieurs éléments :

 

Législation, inventaire, publications et protection du patrimoine industriel

Depuis plusieurs années le ministère de la Culture a manifesté une volonté accrue pour adapter la législation concernant le patrimoine industriel, accélérer le repérage des sites et poursuivre à un rythme soutenu les publications de l’Inventaire.

  1. Evolution de la législation

 

Cet intérêt manifesté par le ministère de la Culture pour le patrimoine industriel s’est matérialisé par la rédaction en 1999 de nouveaux textes. Deux circulaires importantes ont ainsi été publiées :

 

- la première (circulaire Barré) du 4 mai 1999, instaure un système de protection « révisable ». Lorsqu’un site mérite d’être protégé mais que l’incertitude demeure sur les réelles possibilités de le conserver, un délai de trois ans est accordé pour effectuer une étude approfondie du site et la recherche des partenaires susceptibles de le sauvegarder. Ce dispositif semble de nature à éviter des démolitions hâtives.

- la deuxième circulaire (circulaire Trautmann) du 22 juin 1999, prévoit la mise en place d’un plan en 13 mesures touchant « l’identification, l’étude, la protection, la conservation, la restauration et la sensibilisation à l’architecture du XXe siècle ». Le texte précise que ce programme s’inscrit dans une perspective plus large de protection de nouveaux types de patrimoine, industriel notamment. Cette circulaire a pour objet le lancement d’une campagne d’actions coordonnées devant déboucher, à court terme, sur des mesures de protection juridique, de sensibilisation auprès des élus et du public ainsi que de campagnes de sauvetage de restauration et d’édifices.

- D’autre part, en 2001 une loi dite « loi sur la démocratie de proximité » prévoit de transférer aux départements qui le souhaiteraient, des compétences étendues en matière de monuments historiques. Des conventions entre l’Etat et les collectivités territoriales préciseront les modalités de cette expérimentation. Il est certain que ce dernier texte peut laisser prévoir le meilleur comme le pire mais il constitue sans doute un défi à relever pour les collectivités territoriales à condition qu’elles sachent s’entourer des conseils d’experts

  1. Etat de l’inventaire du patrimoine industriel

Les services de l’Inventaire (responsables de l’identification du patrimoine «classique»), sont chargés du repérage sur le terrain et de l’étude des sites industriels.
Lancées en 1986, ces opérations de repérage sont actuellement en cours dans
18 des 22 régions françaises et touchent une quarantaine de départements Dans chacune de ces régions, un chercheur du service régional de l’Inventaire est chargé de ce travail et rédige les notices informatisées transférées ensuite dans les bases documentaires nationales : « Mérimée» pour les bâtiments et «Palissy» pour les machines. Rappelons que ces bases, comme d’autres bases du ministère de la Culture, peuvent être consultées sur Internet ou Minitel (3614 code Joconde).

D’autre part dans certaines régions, en partenariat avec des municipalités
ou des collectivités territoriales, d’autres campagnes d’inventaires ont pu être réalisées ou sont en cours (Lyon, Le Creusot-Montceau-les-Mines, Thiers et Limoges).
Au fur et à mesure de l’avancement des travaux, la Direction du Patrimoine et la Caisse nationale des monuments historiques et des sites ont poursuivi, à un rythme soutenu, la publication de leurs diverses collections. Citons pour mémoire :

    • Images du Patrimoine : Les marbreries du Jura ; Cent ans de patrimoine
      industriel dans les Hauts-de-Seine (1997) ; Le  Patrimoine industriel de
      l’Aude (1998); LU, une usine à Nantes (édition revue et augmentée, 1999) ; La verrerie de la Margeride, Cantal (2001).

    • Itinéraires du Patrimoine : La forge d’Aube (Orne) ; Le bassin minier du Creusot-Montceau-les-Mines (1999) ; Le patrimoine industriel métallurgique autour du Creusot (2001) ; Donges, patrimoine d’eau et de feu (2001).

    • Indicateurs du Patrimoine : ces fascicules reproduisent les notices des
      sites de production étudiés sur un département. 10 ont déjà été publiés dont les deux derniers, parus en 2002, concernent les départements de la Marne et de L’Ille-et-Vilaine. Un autre volume porte sur les brasseries-malteries du Nord-Pas-de-Calais. Sont en préparation : le département de l’Aube et le Territoire de Belfort.

    1. En coédition avec le CILAC, dans la collection Documents et
      Méthodes, un ouvrage très utile et remarquablement présenté de Catherine Manigand-Chaplain : « Les sources du Patrimoine industriel», Paris 1999.

 


Les sites industriels protégés (au titre de la législation sur les monuments historiques, depuis 1999)

Il y a deux types de protection : l’inscription sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques (protection légère) et le classement (protection lourde).

En 1999 : 19 sites ont été inscrits et deux seulement classés :

  • Département du Cher : Grossouvre : ancienne usine métallurgique, halle à charbon de 1844 (cette halle va être restaurée, le cabinet d’architecte a été choisi et les travaux devraient commencer d’ici quelques mois).

  • Département de la Haute-Saône : Valay : Anciennes forges de Grand-Valay (habitation de l’ancien maître de forges, autres bâtiments et haut fourneau).

En 2000 : 16 sites ont été inscrits et 5 ont été classés :

  • Département des Côtes d’Armor : Pleumeur-Bodou : le Radôme (antenne et son enveloppe protectrice).

  • Département du Nord : Le Cateau-Cambrésis : ancienne brasserie-malterie Lefebvre-Scalabrino : ensemble de la brasserie ; Wambrechies : Distillerie Claeyssens ;

  • Département des Hauts-de-Seine : Meudon : ONERA (Office national d’études et de recherches aérospatiales) : le hangar aux essais, la grande soufflerie aérodynamique (1935) et le hangar dit « bâtiment Y » (1878), ancien hangar à dirigeable.

En 2001 : 14 sites ont été inscrits et trois classés :

  • Département de la Charente : Angoulême : Manufacture de papier Hébert (ensemble des bâtiments et des machines conservées in situ) ;

  • Département du Finistère : Morlaix : Manufacture des tabacs (bâtiment du XVIIIe siècle en totalité, installation de râpage du bâtiment H, cases de râpé du bâtiment J, charpente en béton de la « cathédrale » ;

  • Département de la Haute-Saône : Ronchamp (chevalement du puits Sainte-Marie) ; Selles : pont tournant sur le canal de l’Est avec son mécanisme les structures en maçonnerie du quai.

Pour l’année 2002, la liste ne sera connue qu’à la fin du mois de mars 2003.


Le développement significatif de grandes associations à vocation nationale, départementale ou régionale et des écomusées

  1. Le rôle du CILAC

d’Information et de liaison pour l’Archéologie, l’Etude et la Mise en valeur du Patrimoine Industriel), association nationale qui représente En premier lieu, il est important de faire le point sur l’action du CILAC (Comité la France au TICCIH. Lien fédérateur entre tous les partenaires du patrimoine industriel (associations, professionnels du patrimoine, historiens, chercheurs, architectes, etc.), le CILAC demeure une structure vivante capable d’informer, de débattre et de militer pour la défense de sites en danger. Le CILAC édite la seule revue scientifique en langue française sur le patrimoine industriel : « L’Archéologie industrielle en France », qui publie des dossiers thématiques, des nouvelles de l’étranger, des informations sur la vie des associations, une rubrique sur les musées, des comptes rendus d’ouvrages, etc. Cette revue a, depuis sa création il y a une vingtaine d’années, joué un rôle très important en ce qui concerne l’étude du patrimoine industriel et la circulation de l’information dans ce domaine.

Une autre mission du CILAC est d’organiser colloques et rencontres. Il prépare actuellement son XIVe colloque national qui se tiendra au Creusot-Montceau-les-Mines en 2004 sur le thème « Trente ans de patrimoine industriel en France ». Prévu sur une durée de quatre jours, cette rencontre comportera outre les deux journées de communications et d’échanges, un forum des associations, une journée grand public et un festival de cinéma.

  1. Le foisonnement des associations

Nous avions insisté, dans de précédents rapports, sur le rôle important joué par les associations de sites pour l’étude et la sauvegarde du patrimoine industriel. Aujourd’hui, de nombreuses associations jouent un rôle primordial à l’échelle supérieure, au niveau départemental, voire même régional, en suscitant des repérages systématiques et des études approfondies, en publiant des revues, en organisant des colloques à thème, etc. Il serait difficile de les citer toutes mais nous pouvons en signaler quelques-unes particulièrement actives :

- L’APIC (Association pour le patrimoine industriel en Champagne-Ardenne) qui organise chaque année un colloque en collaboration avec une autre association, le CREPI (Comité pour la Réhabilitation et l’Etude du Patrimoine Industriel) ;

- L’ASPPIV (Association pour la sauvegarde et la protection du patrimoine industriel du Vaucluse) qui a publié de nombreux ouvrages.

- MIP/PROVENCE (Mémoire-industrie-patrimoine en Provence) qui publie depuis 1998 une revue « Industries en Provence » ;

- L’APHID (Association pour le Patrimoine et l’Histoire de l’Industrie en Dauphiné) qui organise régulièrement des rencontres à thème et publie des ouvrages sur le patrimoine industriel de la région de Grenoble (dernière publication en 2002:Histoire d’industries en Dauphiné) ;

- Entreprise et Patrimoine Industriel, association très dynamique de la région de Nantes (département de la Loire-Atlantique).

- Aubois de Terres et de Feux, association du département du Cher qui, à la suite d’une étude systématique du patrimoine industriel de la vallée de l’Aubois, menée par Patrick Léon conservateur en chef du patrimoine au service régional de l’Inventaire de la DRAC-Centre, est à l’origine d’un vaste projet de développement local. Ce projet, réunissant une cinquantaine de communes, a pour objectif de racheter des sites industriels en friche, de les restaurer et de promouvoir un circuit, grâce aux aides reçues du département de la région Centre et des fonds européens (environ 23 millions d’euros).

- Patrimoine et mémoire d’entreprises :

Créée au début de l’année 2001 à la suite des travaux du Groupe de réflexion sur le patrimoine industriel dont la direction avait été confiée par le ministère de la Culture à Denis Varloot alors Président du CILAC, plusieurs grandes entreprises françaises, intéressés par la sauvegarde et la mise en valeur de leur propre patrimoine industriel avaient souhaité la création d’une structure permettant la réflexion, les échanges d’expériences. Initiative intéressante (car nous avons souvent déploré le peu d’implication des chefs d’entreprise vis-à-vis du patrimoine industriel) mais qui, venant d’être créée ne joue qu’un rôle très marginal.

3. Le rôle de l’Écomusée de la communauté urbaine Le Creusot-Montceau-les-Mines

De 1997 à 2002 l’Écomusée de la Communauté Urbaine Le Creusot-Montceau-les-Mines a approfondi son travail de connaissance, défense et valorisation du patrimoine industriel à deux échelles, à l’intérieur des limites de la Communauté (près de 400 km²) :

  • à l’échelle de la ville du Creusot, il a travaillé, sous l’impulsion et avec le soutien de la municipalité du Creusot, à un projet de mise en commun de ses ressources en collections et de celles de l’Académie François Bourdon, important centre d’archives d’entreprises industrielles localisé à proximité immédiate. L’objectif est d’aboutir dans un délai de trois à quatre ans à la création, sur le site prestigieux du Château de la Verrerie, ancienne résidence des maîtres de forges Schneider, d’une exposition unique « de synthèse » sur l’histoire industrielle du Creusot.

  • A l’échelle du territoire de la Communauté Urbaine, il a achevé, avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne, un inventaire du patrimoine industriel portant sur les seize communes concernées. A Ciry-le-Noble, à quelque 25 km du Creusot, l’Ecomusée a poursuivi la réhabilitation de la grande briqueterie qu’il avait acquise en 1995, opération en voie d’achèvement. L’Écomusée s’implique d’autre part dans la recherche de solutions d’avenir concernant le Lavoir à charbon de Montceau-les-Mines (lavoir dit « des Chavannes »), monument majeur désormais du patrimoine industriel de la Communauté Urbaine, sur lequel vient d’être lancé un concours international d’idées (cf. ci-dessous).

Enfin, l’Ecomusée a considérablement développé depuis quatre ans sa fonction de lieu de référence international à plusieurs niveaux : en s’impliquant dans un réseau européen de musées du patrimoine industriel (Rhénanie, Catalogne, Italie septentrionale) ; en lançant la revue internationale de TICCIH (Patrimoine de l’industrie / Industrial Patrimony) ; en prenant la tête de projets multilatéraux dans le cadre de programmes européens (en particulier « Culture 2000) ; en développant une collaboration avec le Conseil de l’Europe en matière de promotion de l’information, du débat et des publications sur les problèmes du patrimoine industriel sur le site web du Conseil consacré au patrimoine culturel européen.


La rénovation de grands musées aux collections exceptionnelles.

  1. Le musée du CNAM

Fermé durant plusieurs années pour une complète rénovation, le musée du Conservatoire national des arts et métiers a ouvert de nouveau ses portes en mai 2000. Créé en 1794, il avait été tout au long du XIXe siècle et jusque dans la première moitié du XXe siècle, un lieu d’exposition utilisé comme support pédagogique permettant le lien entre sciences et techniques. Mais au fil du temps les collections s’étaient entassées et avaient été en partie délaissées. Il s’agissait donc de rénover et de repenser de fond en comble la présentation des collections du musée. Les résultats, après sept années d’efforts menés dans le cadre de la politique des Grands Travaux de l’Etat sous la direction de Dominique Ferriot, sont à la hauteur de l’enjeu initial. De nouvelles réserves de 7500 m2, créées à Saint-Denis, ont permis de constituer un lieu de conservation et d’étude pour les 80 000 objets de la collection. A Paris, dans le musée magnifiquement rénové par les architectes Andrea Bruno et Bernard Fonquernie, l’exposition permanente présente 3000 objets sur 6000 m2. La visite, qui prend la forme d’un parcours partant des combles muséifiés pour se terminer par la visite de l’église Saint-Martin-des-Champs, dont le chœur est occupé par le pendule de Foucault, est rythmée en sept domaines et quatre périodes. Les « objets-phares » sont dotés de dispositifs d’animation par écrans tactiles, qui permettent de comprendre leur fonctionnement et le contexte de leur création. Outil de recherche autant que centre de formation, le musée constitue, pour les milliers de visiteurs, un lieu magique de découverte sur l’histoire des sciences, des techniques et de l’industrie.

  1. Le musée d’art et d’industrie de Saint-Etienne

L’un des principaux bassins industriels français jusqu’à la fin du XIXe siècle, la région de Saint-Etienne avait forgé son identité dans l’alliance entre l’art et l’industrie autour de quatre activités industrielles : les mines de charbon, les armes, la rubanerie et les cycles. A partir des années 1970, la ville a subi de plein fouet la crise industrielle et ses principales industries ont peu à peu fermé. La plupart des entreprises qui avaient fait la gloire de la ville et dont certaines étaient connues dans le monde entier (Manufrance) ont pu être en partie sauvegardées, réhabilitées et réutilisées pour d’autres activités. En une vingtaine d’années, la ville s’est reconvertie, a vu la création de très nombreuses PME/PMI dans la haute technologie. Actuellement elle se lance dans la reconversion du site du GIAT-Industries (ancienne Manufacture d’Armes de Saint-Etienne) productrice, depuis 1866 sur le site actuel, de matériel militaire. Nouvel enjeu de la rénovation urbaine de Saint-Etienne, ses bâtiments de direction pourraient abriter le Centre International de Design. Le musée d’art et d’industrie installé dans l’ancien palais des arts depuis 1860, symbolise cette reconquête sociale. Rénové par l’architecte Jean Michel Wilmotte, il s’est recentré sur ses collections d’art industriel autour de trois grands départements : rubans, armes (collection de plus de 2600 pièces de l’ancienne Manufacture d’Armes de Saint-Etienne) et cycles. Le « MAI », ouvert de nouveau depuis décembre 2001 se veut un lieu ouvert à la ville et dans la ville. Il collabore avec les entreprises, les chambres syndicales et les artisans ainsi qu’avec l’école des beaux-arts qui organise la biennale du design.

  1. Le musée d’art et d’industrie de Roubaix (département du Nord)

Né d’un premier musée industriel créé en 1835 dans le contexte du développement de la grande capitale textile du nord, il constituait au XIXe siècle une sorte de conservatoire de la production textile de la région, auquel s’ajouteront plus tard des collections de type beaux-arts. Réinstallé en 2001 dans une ancienne piscine construite en 1932, de style Art-déco, il rassemble de riches collections d’origines diverses. Le résultat, d’une grande originalité, est une réussite tant architecturale, qu’esthétique et muséographique. Une « tissuthèque » exceptionnelle rassemble plusieurs centaines de milliers de références, d’échantillons et de dessins concernant la production manufacturière française et constitue un fonds scientifique consultable sur rendez-vous, réservé aux chercheurs et aux professionnels de la création textile, ainsi qu’une collection de mode contemporaine qui s’enrichit sans cesse par achats, dons et dépôts de grands couturiers.

  1. Le Centre historique minier de Lewarde

Ouvert au public en 1984, installé sur le carreau de l’ancienne fosse Delloye (1920-1930) dont l’exploitation a cessé en 1971, ce centre, situé à 7 kilomètres de Douai, est le plus important musée de la mine en France. Conçu à l’origine pour recevoir 50 000 visiteurs par an, il en accueille aujourd’hui 130 000. Il a fait l’objet durant deux ans d’une restructuration architecturale et muséographique, inaugurée en février 2002. L’une des nouveautés les plus remarquables est l’espace d’exposition permanente qui présente Les trois âges de la mine, consacré à l’histoire du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.

D’autre part le CHM de Lewarde organise régulièrement des colloques. Le dernier qui avait pour thème « La conservation du patrimoine technique et industriel » a rassemblé environ 150 conservateurs de collections techniques et a abordé les questions concrètes que posent la remise en état et l’entretien de ces types de collections présentées au public.

L’aboutissement de grands projets de réhabilitation de sites

Si, il y a une quinzaine d’années, peu d’architectes s’intéressaient au patrimoine industriel, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Quelles en sont les raisons ? Pendant longtemps les sites industriels désertés, bien qu’étant porteurs d’une mémoire récente et riche des souvenirs d’activités industrielles autrefois florissantes, étaient devenus les symboles de traumatismes économiques et sociaux que l’on préférait oublier. Lors de décisions d’urbanisme, la tentation était donc grande d’opter pour la « table rase ». Ainsi de nombreux sites qui auraient pu être conservés ou tout au moins « gelés » en attendant de leur trouver un projet de reconversion, ont été rasés dans les années 1980/1990. En outre, peu d’architectes semblaient sensibles au patrimoine industriel car ce type de bâtiment nécessite souvent des modes de restauration et de réhabilitation non classiques.

Aujourd’hui la perception de ce patrimoine a évolué, de nombreux architectes s’y intéressent car ils y voient la possibilité de nouvelles aventures, les obligeant à imaginer des solutions originales auxquelles ils n’auraient sans doute jamais pensé dans le cadre de constructions nouvelles. Ils admettent enfin que ces bâtiments « parlent », leurs formes caractéristiques marquent toujours, de manière forte, les territoires et font partie de l’identité et de la mémoire sociale des villes. L’idée que ce patrimoine mérite le plus souvent d’être conservé et que sa réhabilitation ne nécessite pas forcément de travaux plus sophistiqués et plus coûteux qu’une construction nouvelle, est aujourd’hui admise par beaucoup.

De grandes sociétés ont ainsi vu le parti qu’elles pouvaient tirer de ce type de bâtiments. Depuis la réhabilitation par Nestlé-France du site exceptionnel de la chocolaterie Menier de Noisiel à Marne-la-Vallée (Architectes Reichen et Robert) et par le groupe Schlumberger, de l’ancienne usine de la Compagnie des compteurs de Montrouge située aux portes de Paris (architecte Renzo Piano), d’autres sociétés ont franchi elles aussi le pas. Citons en particulier : la société Thomson Multimédia dont le siège est installé dans l’ancienne manufacture de matériel téléphonique de Boulogne-Billancourt (1925) (architecte Patrick Bouchain).

Parallèlement, le ministère de l’Éducation nationale s’intéresse lui aussi à ce patrimoine de grande taille, en particulier pour y installer des locaux universitaires ou des écoles d’ingénieurs. Citons quelques exemples :

- à Lyon, l’université de Lyon III est venue occuper l’ancienne Manufacture des tabacs.

- à Lille la faculté de droit s’est implantée dans une ancienne usine textile.

- à Nevers (département de la Nièvre) une école d’ingénieurs : L’Institut Supérieur de

l’Automobile et des Transports (ISAT) occupe une ancienne fonderie de canons dont les bâtiments datent du XIXe siècle.

- à Bobigny, au nord-est de Paris, l’université Paris XIII-Villetaneuse s’est installée dans l’ancienne imprimerie de la revue « L’Illustration ». Très vaste construction, dominée par une tour surmontée d’une horloge monumentale, édifiée de 1931 à 1933, cette imprimerie est restée en activité jusqu’en 1971. Passée par la suite entre les mains de plusieurs propriétaires, puis laissée en friche durant plusieurs années, elle a été rachetée par la commune de Bobigny en 1991 qui l’a ensuite cédée en 1996 à l’Etat pour y installer, dans le cadre du projet Université 2000, plusieurs IUT (Instituts Universitaires de Technologie). Les bâtiments, réhabilités par le cabinet d’architecte Chemetov–Huidobro, abritent déjà plusieurs formations et la fin des travaux est prévue pour 2003 / 2004.

- à Paris, dans le cadre du projet de rénovation urbaine du quartier Masséna dans le XIIIe arrondissement ( ZAC-Paris-Rive-Gauche), confiée à l’architecte Christian de Porzamparc, trois sites industriels importants ont pu être préservés et sont en cours de reconversion : les Grands Moulins de Paris, les anciens Entrepôts frigorifiques et la SUDAC (ancienne Société urbaine de distribution d’air comprimé). L’université Denis Diderot-Paris VII occupera en 2005/2006 le site des Grands Moulins et prévoit d’y accueillir 20 000 étudiants.Les Grands Moulins de Paris, en activité jusqu’en 1996 ont été acquis à cette époque par la SEMAPA chargée de la vaste opération d’urbanisme de la rive gauche de la Seine. L’université occupera à la fois les anciens bâtiments des Grands Moulins, construits de 1917 à 1921, les anciennes halles à farine de 1949 et des bâtiments nouveaux, installés sur des espaces libérés par les démolitions des silos.

- dans le même quartier, l’école d’architecture Paris-Val-de-Seine s’installera dans la grande halle de la SUDAC (ancienne Société urbaine de distribution d’air comprimé) construite en1891, ainsi que dans des bâtiments nouveaux. - Cette halle (la seule des quatre halles de l’entreprise à avoir été conservée), a été sauvée in extremis en 1999 par une inscription à l’Inventaire des Monuments historiques. Il s’agit d’un bâtiment original, datant de 1891, qui comporte une structure métallique intéressante, un décor de brique de qualité et une vaste verrière. Le projet de l’architecte lauréat du concours, Frédéric Borel, prévoit la réhabilitation de la halle (qui abritera en particulier la bibliothèque de l’école dans sa partie haute), la conservation de la cheminée et la construction sur le site de bâtiments nouveaux surélevés par un socle.

Quant aux anciens Entrepôts frigorifiques, rebaptisés « Les Frigos, 91 quai de la Gare », actuellement occupés par diverses associations d’artistes, ils resteront un lieu de création dont la rénovation est actuellement négociée avec les utilisateurs.

Certaines très grandes communes de la périphérie de Paris ont également fait le pari que certains bâtiments industriels, qu’elles auraient sans doute préféré détruire il y a quelques années, pouvaient présenter un enjeu essentiel pour le développement local. Ainsi la commune de Pantin, située au nord-est de Paris, le long du boulevard périphérique, a-t-elle décidé de racheter les Grands Moulins de Pantin qui viennent de fermer après plus d’un siècle d’activité. Il s’agit d’une énorme minoterie de la fin du XIXe siècle, agrandie après la Première Guerre mondiale, en partie incendiée durant la dernière guerre et reconstruite, dont la restructuration devrait permettre la création d’un ensemble d’activités tertiaires de 50 000m2. A la suite d’un concours d’architectes, organisé durant l’été 2001, le choix s’est finalement porté sur le projet du cabinet Reichen & Robert qui privilégiait la préservation de ce qui fait « l’esprit de ce lieu solennel hors du temps : sa monumentalité ». Seuls quelques bâtiments annexes, beaucoup plus récents, seront démolis pour laisser la place à un à ensemble de bureaux à « dimension humaine ». Le projet est estimé à 150 millions d’euros. Une grande opération de consultation de la population doit se terminer en mars 2003 et le plan d’aménagement définitif du site est prévu pour octobre 2003.

D’autres grands projets de réhabilitation patrimoniale ont en cours de réalisation un peu partout en France. Par exemple, dans le domaine du patrimoine minier nous pouvons citer :

- dans le département du Pas-de-Calais : le site d’Oignies. Dernier carreau exploité en France dans le bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais, le site, datant des années 1930, est un exemple symbole de la période de reconstruction des sites miniers après la Première Guerre mondiale. Il comprend :

  • le parc et le château témoins de la découverte de charbon au milieu du XIXe siècle ;

  • le site de la fosse 2 (bâtiment et machine d’extraction à vapeur des années 1940) réhabilité en Centre Denis Papin et mis à disposition d’une association de spécialistes des chemins de fer ;

  • la Mine-image, fonctionnelle, ancien centre de formation des mineurs des Houillères du Bassin Nord-Pas-de-Calais ;

  • la fosse 9-9 bis classée Monument historique en 1994. Les bâtiments administratifs (inscrits à l’Inventaire) en cours de réhabilitation seront occupés par divers organismes : Mission du Bassin Minier, Syndicat mixte intercommunal, cellules d’accueil des entreprises et relais vers une future plateforme multimodale, etc.

L’ensemble du projet, très lourd au point de vue financier, a été confié, pour la maîtrise d’ouvrage de la réhabilitation, à l’Établissement Public Foncier. Les crédits proviennent de l’Etat, de la Région et de fonds européens. La réhabilitation en cours de ce site doit beaucoup à l’acharnement de l’association ACCCUSTO-SECI (Association pour la Création du Centre de Culture Scientifique d’Oignies sur les Sécurités Industrielles), qui s’est constituée en 1992. Depuis dix ans une dizaine de bénévoles a assuré l’entretien et la prévention du vandalisme, l’un des fléaux majeurs de ce type de site.

La principale nouveauté à Oignies est que le site est devenu le siège de la très importante « Mission du Bassin Minier », organisme inter-administratif de la région de Lille qui a pour objectif de promouvoir la revitalisation des zones minières.

- Département de la Moselle le site de Petite-Rosselle (Le carreau Wendel-Vuillemin). Le carreau Wendel-Vuillemin, présente un paysage industriel caractéristique qui a conservé de nombreuses traces significatives des diverses logiques industrielles qui se sont superposées durant 120 ans (1866-1986).

A partir de 1945, avec la nationalisation, le carreau Wendel a connu une extension considérable. La taille des installations, l’ampleur du réseau des voies ferrées, la présence de carrières de sable (utilisé pour le fond) et l’immense terril témoignent de l’échelle gigantesque de ce type de site.

En 1988, les Houillères du Bassin de Lorraine ont confié le site au CCSTI (Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle) du Bassin Houiller Lorrain. Celui-ci s’est alors fixé comme objectif la valorisation du patrimoine industriel du bassin, le développement de la culture scientifique et technique, la promotion du tourisme industriel. Au cœur de ce programme, le carreau Wendel-Vuillemin est devenu musée de site et centre d’histoire sociale et industrielle.

En 1997, l’Etat (DRAC- DMF, etc.) a estimé que la création d’une structure intercommunale était nécessaire au vu de la dimension du projet. Un syndicat mixte a donc vu le jour pour le mener à bien ainsi que pour gérer le futur musée de la mine qui vient d’avoir le statut de musée de France. Le site est actuellement en phase de développement, dans le cadre d’un plan Etat-Région signé jusqu’en 2006 (montant : 56 millions de francs). Dans sa phase finale, ce musée, installé dans une partie du site, présentera ses propres collections, des expositions permanentes et temporaires, proposera aux visiteurs un circuit du mineur et « une représentation du fond », sorte de maquette grandeur nature de l’ossature technique de l’exploitation houillère souterraine, équipée de machines modernes.

- dans le département du Finistère en Bretagne, La Manufacture des Tabacs de Morlaix.

Suite à un très grave incendie et à la fermeture programmée des activités de production, le sort de la manufacture, qui était des plus incertains, a été tranché. Rappelons qu’il s’agit d’un site exceptionnel : une manufacture parvenue pratiquement intacte jusqu’à nous alors qu’elle a été construite il y a plus de 250 ans ! La Chambre de commerce et d’Industrie en est devenue propriétaire en février 2000 et le schéma directeur définitif de la réhabilitation a été adopté en mai 2002. La philosophie générale du projet est de faire de l’ensemble un nouveau quartier en créant plusieurs pôles : un pôle universitaire, un pôle économique, un pôle culturel et d’y associer quelques logements.

- Dans le département de la Seine-Maritime : La filature La Foudre.

Bâtiment en brique, long de 147 m et percé de 176 fenêtres, édifié à partir des plans de l’ingénieur-constructeur anglais William Fairbairn en 1846 c’était à l’origine une filature de lin. A partir de 1859, elle fut transformée en filature de coton par son nouveau propriétaire Thomas-Augustin Pouyer-Quertier. L’entreprise cessa son activité en 1938. Acquise par l’État elle accueillit en 1976 l’Établissement régional de Matériel militaire. Désaffecté par l’armée en 1999, a permis d’envisager un vaste projet de reconversion du site. Trois axes ont été retenus :

  • réhabilitation et reconversion du bâtiment principal de La Foudre en vue d’y implanter des surfaces tertiaires liées aux nouvelles technologies ;

  • exploiter le potentiel foncier libéré par al démolition des ateliers sur la partie ouest du terrain pour y construire un collège ;

  • ouvrir le site sur la ville, après démolition des hauts murs de brique.


De grands sites en quête de projet

- Dans le département de la Saône-et-Loire : Le lavoir à charbon de Montceau-les-Mines (Lavoir dit des Chavannes, inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en octobre 2000).

Le site du Lavoir, situé au sud de la ville, accueillait jusqu’à sa fermeture en 1999, une usine de tri et de concentration du charbon. Construit entre 1923 et 1927, il présente un intérêt majeur sur le plan de l’histoire industrielle et technique. Exceptionnel par son gigantisme (32 hectares), par la durée de son activité (76 ans), par son matériel et son réseau de voies de communication, le site mérite d’être sauvegardé. Afin de vérifier si une nouvelle vocation peut justifier sa conservation, la Communauté urbaine du Creusot-Montceau-les-Mines a décidé d’organiser en 2003 un concours international d’idées. Bureaux d’Etudes, cabinets d’architectes, opérateurs, etc. qui participeront à ce concours, devront définir un projet permettant la valorisation patrimoniale et économique du site.

  • Dans le département de la Moselle : le haut fourneau d’Uckange.

Achevé en 1904, rénové en 1966 et 1976, il demeure représentatif des techniques mises au point dans les premières années du XXe siècle. Arrêté définitivement en 1991, il a été inscrit peu après à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques. La communauté de communes du Val de Fensh a voté l’acquisition du haut fourneau en décembre 2001, mais il reste à élaborer un projet culturel pour le site. Ce qui n’est pas une affaire facile (problème de dépollution, de sécurisation du site et mise en valeur ultérieure). Dans l’immédiat, il est envisagé une mise en lumière du haut fourneau.

Les formations aux métiers du patrimoine industriel

Il existe actuellement en France plusieurs formations aux métiers du patrimoineindustriel.

  • à l’université de Bourgogne (Antenne de la Communauté urbaine Le Creusot-Montceau-les-Mines) : un DESS « Gestion et valorisation du Patrimoine industriel ;

  • à l’université de Technologie de Belfort-Montbéliard, en collaboration avec celles de Franche-Comté, de Haute-Alsace et de Neuchâtel : un DEA « Histoire industrielle »

  • à l’université d’Artois, un DESS « Mise en valeur et gestion du patrimoine technique et industriel » rattaché à l’IUP « Patrimoine et tourisme 

  • au Conservatoire national des arts et métiers de Paris (CNAM) : un Bachelor « Communication, valorisation, muséologie en patrimoine industriel scientifique et technique ».

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Si cette présentation de la situation du patrimoine industriel en France semble à travers cette synthèse, plutôt optimiste, c’est que la communication et le travail accompli dans l’étude, la sauvegarde et la mise en valeur de ce patrimoine commencent vraiment à porter leurs fruits après plus de vingt-cinq ans d’efforts. Néanmoins cet optimisme ne doit pas faire oublier que de nombreux problèmes demeurent. Citons-en quelques-uns : la moitié des départements français n’ont pas encore été inventoriés, des sites majeurs, fermés depuis plusieurs années et non protégés, ont été pillés de manière honteuse, certains autres ont été rasés sans état d’âme parfois même alors qu’ils avaient été inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. La liste des destructions irrémédiables serait longue à dresser. Enfin nous pouvons continuer à déplorer le peu d’intérêt manifesté par les chefs d’entreprise dans le domaine de la préservation et de la mise en valeur de leur propre patrimoine industriel.

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Ouvrages récents parus sur le Patrimoine industriel français

Emmanuel de ROUX, Georges FESSY avec la collaboration de Claudine CARTIER, 

«  Patrimoine industriel », Scala / Editions du Patrimoine, Paris 2000, 270 p.

Bernard ANDRE, Claudie HERBAUT, photographies d’Yves BERRIER, « Mémoire de l’industrie en Bretagne », Editions Apogée, Rennes 2001, 176 p.

Louis BERGERON, « Le Creusot, une ville industrielle, un patrimoine glorieux », Belin-Herscher, collection Les destinées du Patrimoine, Paris 2001, 192 p.

Pierre FLUCK, « Les belles fabriques, un patrimoine pour l’Alsace », Editions Jérôme Do Bentzinger, Colmar 2002, 254 p.

Actes de colloque récents :

Le patrimoine industriel de l’agro-alimentaire, actes du colloque de l’APIC, Reims, novembre 1998, publié par le CRDP de Champagne –Ardenne, janvier 2000.

Rendre intelligible le patrimoine industriel, XIIIe colloque du CILAC, Caen, octobre 2000, publié par le CILAC – L’Archéologie industrielle en France n°40, juin 2002

L’eau industrielle, l’eau industrieuse, Actes du colloque de l’APIC et du CREPI, Sedan, mai 2002 , CRDP Champagne – Ardenne.

Les images de l’industrie de 1850 à nos jours, Actes du colloque de Bercy (sous la direction de Denis Woronoff), Édité par le Comité  pour l’Histoire économique et financière, 2002, 168p.

La conservation du patrimoine technique et industriel, Actes du colloque national organisé par le Centre historique minier de Lewarde, mars 2002, CHM 2002, 160 pages.

Revues :

L’Archéologie industrielle en France, (Revue du CILAC)

N°38 (dossier important sur « Vingt sites à protéger en urgences »).

N°39 (n° spécial sur les briqueteries et les tuileries).

N°40 (Actes du colloque de CAEN : « Rendre intelligible le patrimoine industriel »

N°41 (n° spécial sur le patrimoine industriel de la ville de Nantes – département de la Loire-Atlantique).

Patrimoine de l’industrie - Industrial patrimony, TICCIH, n°8, décembre 2002 (dossier concernant la section « Mines» de TICCIH et les sites industriels de grande taille).

La Pierre d’angle, Patrimoine industriel, Patrimoine rebelle, Association nationale des Architectes des bâtiments de France, n°31 octobre 2002

Revue pédagogique

Le Patrimoine industriel, TDC (Textes et Documents pour la Classe), CNDP, 2002

Cdroms

Mémoires industrielles

  • Le patrimoine industriel en France ;

  • Berliet, le camion français est né à Lyon

Coédition Syrinx / MSH, 20011

Date de rédaction 11-03-2003