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2) Rapport national (2006-2009) - France) XIVe congrès international de TICCIH – Freiberg (Allemagne)

Geneviève DUFRESNE TICCIH French Representative

Introduction 

Depuis notre dernier rapport national de 2006, l’engouement pour le patrimoine industriel ne s’est pas démenti. De plus en plus de villes françaises ont compris que les friches industrielles pouvaient constituer des potentiels de développement urbain importants. Des villes comme Lille-Roubaix Tourcoing récupèrent peu à peu leurs friches pour les reconvertir. D’autres villes, plus modestes comme Troyes, à l’instar d’Elbeuf qui fut pionnière dans ce domaine, ont également, depuis longtemps, considéré que leur patrimoine industriel était non seulement constitutif de leur identité mais que leurs friches étaient une richesse et devaient faire l’objet d’étude et de projets de réhabilitation.

Ces aspects positifs ne doivent pas masquer le fait que, sur l’ensemble du territoire, les situations restent très contrastées. Nous devons demeurer vigilants car chaque année des destructions, parfois incompréhensibles, effacent de nos paysages urbains ou ruraux des sites ou des ouvrages d’art qui auraient mérité d’être conservés et réutilisés. Désintérêt ou incompétence de certains élus ? Pouvoir des promoteurs ? Indifférence des populations ? Les raisons sont variées mais elles nous obligent à dénoncer ces pratiques.

 

L’exemple le plus récent, qui a failli coûter très cher à la ville de Bordeaux, est la destruction programmée (et déjà commencée !) de son pont ferroviaire Eiffel (1860), démontage heureusement stoppé à la suite de la menace de la Commission Patrimoine mondial de rayer la ville de sa liste.

 

L’inventaire et l’étude du patrimoine industriel français

Le service de l’Inventaire du ministère de la Culture (responsable de l’identification du patrimoine «classique»), est chargé du repérage sur le terrain et de l’étude des sites industriels anciens. En 1986, une cellule avait été créée au ministère pour réaliser un inventaire systématique et exhaustif du patrimoine industriel. La cartographie actuelle présentant l’état d’avancement des travaux montre que ces derniers progressent de manière irrégulière. Cela dépend des moyens humains et financiers mis en œuvre dans les différentes régions. On peut évidemment déplorer qu’après plus de vingt ans d’enquêtes, la couverture du territoire ne soit pas plus complète. Néanmoins cet inventaire a bien avancé. On peut considérer aujourd’hui qu’une quarantaine de départements a été étudiée ou est en voie d’être inventoriée (sur 95). Après la région de Poitou-Charentes, l’inventaire d’une seconde région a été achevé (Champagne-Ardenne). Les notices rédigées par les chercheurs des services régionaux de l’Inventaire sont, au fur et à mesure, intégrées dans les bases de données nationales du ministère de la Culture (Mérimée pour les bâtiments et Palissy pour les machines). Celles-ci peuvent être facilement consultées sur le site web du ministère de la culture (www.culture.fr).

Dans quelques régions, en partenariat avec des collectivités locales, d’autres campagnes sont menées par exemple dans le bassin coutelier de Thiers (Puy-de-Dôme),la ville de Lyon (Rhône), l’agglomération de Creil (Oise) et la ville de Saint-Quentin (publication en cours).

Le service de l’Inventaire poursuit la publication des ouvrages et des guides qui sont aussi attractifs que bien informés. Ces publications appartiennent à diverses collections  (les Indicateurs du patrimoine, les Parcours du patrimoine, les Images du patrimoine et les Cahiers du patrimoine). La liste des titres est consultable sur le site web du ministère. Depuis 2006, on comptabilise 6 nouveaux ouvrages. (cf. Bibliographie)

Suite à la promulgation de la loi de 2004 qui a transféré aux régions l’Inventaire général du patrimoine culturel, auparavant compétence de l’Etat, le ministère de la Culture a initié en 2007 une opération nationale d’Inventaire consacrée au patrimoine industriel, scientifique et technique. La première phase de cette opération, caractérisée par un bilan-synthèse, est en cours d’achèvement.

Le travail qui a déjà été réalisé mérite donc d’être salué tant au plan méthodologique qu’au plan scientifique. Depuis les années 1980, ces enquêtes très fouillées ont permis la publication de près de 80 ouvrages appartenant aux diverses collections des Editions du Patrimoine.


B)Le rôle et les activités du CILAC

Le XVe colloque du CILAC

Organisé conjointement par le CILAC et le Centre historique minier de Lewarde (Département du Nord) un congrès international ayant pour thème « Les Paysages de la mine, un patrimoine contesté » s’est tenu à Lewarde en novembre 2008. L’organisation et la logistique, assurées par le Centre historique minier, a largement contribué à la réussite de ce colloque qui a rassemblé environ 150 participants. Les contributions étrangères étaient en nombre équivalentes aux contributions nationales. Le thème de ce colloque ainsi que les visites sur le terrain s’inscrivaient parfaitement dans le cadre des démarches entreprises depuis plusieurs années par l’association Bassin Minier Unesco en vue de la procédure d’inscription du Bassin minier Nord-Pas-de-Calais sur la liste du patrimoine mondial (cf. ci-dessous ). (Photo)

L’enquête sur les sites industriels protégés Monuments historiques

Grâce à une aide financière du ministère de la Culture (DAPA –Direction de l’Architecture et du Patrimoine), le CILAC a entrepris une étude sur les sites industriels protégés (monuments historiques) au titre de la loi de 1913 (inscrits ou classés) afin de savoir ce qu’ils étaient devenus. Menée sous la responsabilité de Louis André, maître de Conférences à l’université de Rennes, l’étude touche à sa fin et ses résultats seront publiés dans la revue du CILAC en décembre 2009.

Les stages de formation au patrimoine industriel 

C’est également le ministère de la Culture qui a permis au CILAC de lancer à Saint-Etienne, en 2007, un premier stage de formation au patrimoine industriel, en partenariat avec l’université Jean-Monnet. Un deuxième stage est programmé, en mai 2009, en direction des personnels des collectivités territoriales, en partenariat avec le Bureau Patrimoine (Service du patrimoine culturel) du département de la Seine-Saint-Denis (région parisienne) et l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette.

La revue « L’Archéologie industrielle en France » 

Grâce à Bernard André et au comité de rédaction, le CILAC a poursuivi la publication de sa revue semestrielle. L’un des deux numéros annuel étant en général consacré à un thème particulier, les trois derniers thèmes traités ont été :

« Les reconversions » ( n° 49 - décembre 2006 )

« Retour sur les 50 numéros de « L’Archéologie industrielle en France » (n° 50- juin 2007)

« Le patrimoine de l’électricité » ( n° 52 - juin 2008) 

« Le patrimoine industriel de la ville de Lyon » (n° 54-juin 2009)

Le site Internet (www.cilac.com)

En 2008, la quasi-totalité des numéros épuisés de « L’Archéologie industrielle en France » a été mise en ligne, sous forme numérisée. De même il est maintenant possible d’effectuer des paiements en ligne, par carte bancaire, pour l’abonnement, le téléchargement de numéros épuisés ou la commande de numéros en version papier.

La Newsletter Infocilac

Diffusée par Internet à plus de 1500 inscrits, rédigée sous la responsabilité de Dominique Perchet, elle est une source précieuse d’informations sur le patrimoine industriel français. (Cf le site du CILAC- www.cilac.com)

C)Les associations régionales :

Dans notre rapport de 2003 nous avions cité les principales associations régionales actives dans le domaine du patrimoine industriel. La plupart ont continué à développer des études de sites et des actions de sensibilisation sur le terrain en direction des populations locales et des élus. Certaines d’entre elles publient régulièrement des lettres d’informations voire même des revues. La plupart d’entre elles ont des sites web. Citons en quelques unes :

- ASSPPIV (Association pour la Sauvegarde et la Promotion du Patrimoine industriel en Vaucluse)

- APIC (Association pour la Patrimoine industriel de Champagne-Ardenne) www.patrimoineindustriel-apic.com

- APHID (Association pour l’Histoire et le Patrimoine en Dauphiné) 

- Aubois de Terre et de Feux - www.atfaubois.org

- Fondation Marius Berliet – www.fondationberliet.org

- MIP-Provence (Mémoire Industrie et Patrimoine en Provence) www.mip-provence.org

- Patrimoine et mémoire d’entreprises – www.patrimoine-et-memoire.com

- La Fabrique Bas-Meudon – www.association-lafabrique.org/

  1. La fin des grands chantiers de rénovation des années 2006-2009

Durant ces trois dernières années de grands sites ont fait l’objet de rénovations très importantes qui ont permis de conserver des bâtiments « phares » de notre passé industriel. Ces rénovations n’ont souvent conservé que l’enveloppe architecturale du bâti, l’adaptation à de nouveaux usages poussant les architectes à « casser » l’intérieur pour refaire de nouveaux aménagements, parfois même de nouvelles ouvertures, etc. En outre, ce que nous déplorons trop souvent c’est l’absence de « marquage » permettant d’apporter aux nouveaux usagers et aux visiteurs des informations sur le passé industriel de ces édifices.

Néanmoins ses réhabilitations montrent que le patrimoine industriel constitue de plus en plus un enjeu pour l’aménagement urbain auquel de nombreuses collectivités territoriales ne sont plus insensibles.

- A Paris :

- Le quartier Masséna (XIIIe arrondissement)

L’Université Paris VII a été inaugurée dans les anciens Grands Moulins de Paris à la fin de l’année 2006 et l’école d’Architecture du Val de Seine dans l’ancienne usine de la SUDAC, en avril 2007. (Photo)

- Entrepôts et Magasins généraux (EMGP)(Photo)

Créés à partir du milieu du XIXe siècle, au nord de Paris (Pont de Flandres) et sur les communes de Saint-Denis et d’Aubervilliers1, les Entrepôts et Magasins généraux ont été en activité jusqu’au début des années 1990. Leur reprise en 1991 par la Caisse des Dépôts et Consignations les a sauvés de la démolition. Ils ont fait l’objet d’une réhabilitation par la Société ICADE (Immobiliaire de la Caisse des Dépôts) depuis une dizaine d’années. Enorme chantier qui a permis de récupérer une surface très importante de bureaux et de lieux d’activités très divers, en général regroupés en quartiers. Les activités tertiaires sont dominantes au Pont de Flandres (5 ha, 90 000m2 de bureaux, 46 sociétés, 4500 salariés) tandis que divers « pôles » occupent les bâtiments rénovés à Saint-Denis et Aubervilliers (pôle audiovisuel où plus de 25 plateaux de télévision produisent des émissions recevant du public, pôle Ecoles supérieures du son, Pôle mode et textile, pôle e-commerce, pôle événementiel et loisirs, pôle importateurs et distributeurs, en tout 60 ha 315 000 m2 d’espaces utilisables et de bureaux, 261 entreprises, 8000 salariés. )

- Les Grands Moulins de Pantin (Photo Inventaire)

Construits en 1923, à la limite de Paris (actuel boulevard périphérique) entre le canal de l’Ourcq et les voies ferrées de l’Est par l’architecte Eugène Haug et l’entreprise, dans un style régionaliste alsacien, les Grands Moulins de Pantin sont l’un des monuments les plus spectaculaires du patrimoine industriel francilien. Ils ont fait l’objet d'une très importante opération de réhabilitation, menée par le cabinet d'architecture Reichen et Robert pour le compte de BNP Paribas qui y installera plus de 3000 collaborateurs au cours de l’année 2010. Cette réalisation a abouti, en septembre 2009, à la création de plus de 50 000 m2 de bureaux, aux normes HQE (haute qualité environnementale). Les toitures et façades des deux parties d’origine ont été conservées mais l’intérieur a été complètement remodelé. Des ''open spaces'' remplacent les espaces de stockage des grains et des farines…Des atriums ont été créés pour répondre à la nécessité d’éclairer naturellement sur une grande profondeur tous les niveaux de bureaux. De même, pour mieux laisser passer la lumière, l’ancien moulin comporte une grande façade vitrée le long du canal. Dans l’ancienne centrale électrique, la chaudière Babcock et Wilcox de 1926, restée en place, a été mise en valeur avec un système d’éclairage sophistiqué. Le campanile (ou beffroi-château d’eau) du moulin et l’ancienne passerelle de chargement des péniches ont été conservés. Cette dernière, appelée aujourd’hui « transbordeur » aura une vocation culturelle. A l’entrée des Grands Moulins, la façade de la boulangerie a été également conservée. Pour mettre en valeur les parties du site préservées, plusieurs bâtiments secondaires ou plus récents : les garages, les ateliers, la semoulerie de 1952 et le silo à farine « canal » ont été démolis. Des bâtiments nouveaux, d’une hauteur moindre afin de dégager la vue sur les parties anciennes rénovées ont été ajoutés. On peut regretter néanmoins que leur densité soit trop forte, mais les impératifs de surface en sont sans doute la cause. (Photos)

Le site, que nous avons eu la chance de visiter, est une réussite et constitue un exemple de reconversion (ou transformation) complète tout à fait exceptionnelle par son importance, la qualité des matériaux utilisés et la symbiose entre l’architecture ancienne et la nouvelle. Un dernier regret : qu’il n’ait pas été possible de conserver en plus de la chaudière quelques éléments de l’activité ancienne, par exemple une « ligne » verticale de production. Les quelques très grandes photos lumineuses de l’extérieur et de l’intérieur du moulin,astucieusement présentées dans divers espaces sont les bienvenues mais ne remplacent pas le contact avec de vrais machines et équipements de mouture.

Pour témoigner de l’histoire du site dans la ville de Pantin, de ses transformations successives et de sa reconversion, un ouvrage remarquable, de plus de 200 pages, à l’iconographie très riche, présentant à la fois l’histoire des Grands Moulins et le chantier de rénovation vient d’être publié en par les Editions Lieux-Dits, à l’initiative de la ville de Pantin, du Département de la Seine-Saint-Denis, et de la Région Ile-de-France. (cf. bibliographie).

- A Mulhouse (département du Haut-Rhin)

  • La Fonderie :

L’ancienne fonderie Marozeau accueille depuis septembre 2007 une université (économie, sciences sociales et droit), une bibliothèque, le centre des archives municipales et un centre d’art contemporain. (Photo)

    • A Lille (département du Nord) :

- Euratechnologie.

Installé dans l’ancienne filature de coton et de lin Le Blan-Lafont2 Euratechnologie est situé au cœur d’une des plus importantes opérations de réhabilitation urbaine entreprises dans la métropole lilloise. Celle-ci a débuté avec les travaux de transformation de cet ancien château du textile devenu un « château du numérique ».

Opérationnel depuis l’automne 2008, il propose des espaces modulables en location pour les entreprises TIC, ainsi que des lieux techniques tels un studio numérique, des salles de visioconférence, etc. Les connexions sont aussi facilitées grâce à la fibre optique. Un GIX (Global Internet eXchange) local a aussi été créé. Sorte de « gare de triage » des voies de communication Internet, il facilite et permet d'accélérer et sécuriser davantage les échanges de trafics de tous les opérateurs au niveau local.

L’atrium, espace sous verrière qui relie les deux anciens bâtiments industriels, est équipé d’écrans plasma, de bornes interactives et de vidéo projecteurs.

Cette première phase du projet Euratechnologie représente 25 ha et 22 000 m2 de bureaux.

Les phases ultérieures de cette vaste opération d’urbanisme dureront une vingtaine d’années. De nouveaux espaces tertiaires seront construits (près de 80 000 m², dont

20 000 m² pour un établissement d’enseignement supérieur) et plus de 500 logements sortiront de terre d’ici à 2012.

Une navette fluviale fonctionnant à l’énergie solaire reliera sur la Deûle, le Vieux-Lille à la commune limitrophe de Lomme, dans laquelle se trouve une partie de ces friches industrielles.

La société d’économie mixte Soreli, dont la Communauté urbaine de Lille est actionnaire, est chargée de l’aménagement de l’ensemble de ce nouveau quartier.

    • A Roubaix (département du Nord)

Un grand nombre d’anciennes friches industrielles ont, depuis des années été rénovées et transformées pour de nouveaux usages. Parmi les chantiers les plus récents nous pouvons citer :

- L’ancien tissage Roussel datant des années 1920 qui abrite aujourd’hui dans ses parties hautes les salles de répétition de l’école du Centre chorégraphique national Roubaix Nord-Pas-de-Calais et dans ses niveaux inférieurs des entreprises privées.

- L’ancienne filature de laine Henri Delattre qui accueille depuis septembre 2008 L’Ecole nationale de protection judiciaire de la jeunesse.

- A Marseille (département des Bouches-du-Rhône)

- Le silo d’Arenc :

Construit sur le port de Marseille en 1926/1927 pour la compagnie des Docks et des entrepôts, désaffecté depuis la fin des années 1990, le silo d’Arenc est en travaux depuis 2007 sous la direction de l’architecte Eric Castaldi, associé à la SOGIMA (Société de gestion immobilière Marseillaise). Cette rénovation comprend l’aménagement d’une surface de bureaux sur plus d’un tiers de la surface des différents niveaux. Dans les deux tiers restant et dans la tour construite en 1954, une salle de spectacle de 2200 places est en construction avec son foyer attenant. Les travaux qui se terminent actuellement feront de ce silo, situé au cœur du grand projet d’urbanisme Euroméditerrannée, un site phare de la plate-forme portuaire de la ville de Marseille à proximité de la tour de 29 étages et de 147 mètres de haut de l’architecte Zaha Hadid, futur siège social de la CMA-CGM, actuellement troisième compagnie mondiale de fret maritime. (Photo)

- Station Alexandre :

Situé dans le quartier du Canet, réputé à la fin du XIXe et au début du XXe siècle pour ses huileries et ses savonneries, ce site industriel était à l’origine un ensemble de bâtiments dont l’un des hangars servait de gare de triage d’une huilerie construite avant la première guerre mondiale.

Ces bâtiments, abandonnés depuis longtemps et voués à la démolition par un promoteur, ont été sauvés et entièrement restaurés  grâce à volonté d’une femme entrepreneur Sylvie Caulet et au travail de l’architecte Eric Castaldi, choisi pour la rénovation du site.

Station Alexandre (inauguré en novembre 2007) est devenue, avec ses belles charpentes métalliques de type Eiffel, un lieu où l’on travaille dans des espaces communs et des espaces fermés. Il y a donc une conciergerie commune à tous les locataires qui joue un rôle primordial en offrant toutes sortes de services. Parallèlement aux activités marchandes sont associées des offres culturelles variées, des restaurants, un bar et des services médicaux ou sociaux. Outre sa vocation économique, Station Alexandre se définit donc aussi comme un lieu de vie d’environ 10 000 m2 où travaillent plus de 200 personnes. (Photo)

- A Guise (département de l’Aisne)

Le Familistère Godin.

Vers le milieu du XIXe siècle, un industriel, Jean-Baptiste-André Godin, nourri des pensées de Fourier et de Saint-Simon, met en pratique la première expérience d'utopie sociale à grande échelle en associant à un lieu de travail - l'usine Godin, toujours en fonctionnement - et un Palais social : habitation collective, piscine, économats, jardin, nurserie, écoles et théâtre, temple de la communauté familistérienne. Cette expérience durera, sous une forme coopérative, jusqu'en 1968.

Le projet Utopia consiste à donner au Familistère une ambition culturelle, touristique, économique et sociale. Depuis 2000, un vaste chantier de rénovation, est mis en œuvre par le Conseil général du Département de l’Aisne et la Ville de Guise qui portent ce projet au travers d'un syndicat mixte avec le concours financier de l'Etat, de la Région Picardie et de l'Union Européenne. Après les économats, le jardin de la presqu'île, la piscine-lavoir et l'appartement deGodin, qui a été inauguré au mois de juillet 2009, l’architecte Luca Lotti s'attaque désormais au pavillon central et au théâtre. A l'exception de cet appartement de Godin, l'aile droite du familistère reste dévolue au logement privé. A l'issue des travaux de restauration, le Familistère de Guise et son musée comprendront 13 sites complètement rénovés.

3) sites menacés dont l’avenir est incertain

    • A Paris

- La Halle Freyssinet 

Limitrophe et étroitement lié à la gare d’Austerlitz, situé en face de la Bibliothèque François Mitterand, ce bâtiment de 310 mètre de long et de 72 mètres de large est composé de trois grandes nefs couvertes de voûtes semi-cylindriques en béton armé surmontées de verrières qui éclairent et ventilent l’ensemble de l’édifice. Construit entre 1927 et 1929 par l’ingénieur français Eugène Freyssinet (1879-1965), il représente un élément important du patrimoine industriel de Paris étant l’un des derniers vestiges des constructions en béton précontraint de la fin des années 1920. La survie et le réemploi de ce site sont actuellement âprement discutés dans le cadre de l’aménagement de cette partie du XIIIe arrondissement. L’Etat voudrait y installer le nouveau Palais de Justice de la capitale, décision à laquelle s’oppose la mairie de Paris. Si aujourd’hui la Halle Freyssinet semble devoir échapper à la destruction totale, diverses hypothèses de rénovation subsistent dont certaines prévoient l’amputation d’une partie de ses nefs.

- Les bâtiments de la marine nationale boulevard Victor : Paris

Les bâtiments de la Marine nationale (1928-1956) dans le XVe arrondissement sont menacés de destruction en raison d'un vaste projet du ministère de la Défense. Un permis de démolir a été demandé sans qu’aucune expertise préalable n’ait été engagée. Or il s'agit d'une oeuvre exceptionnelle par la qualité de son architecture. Construite par les Frères Perret à partir de 1928, elle représente une étape décisive dans l’élaboration d’un ordre du béton armé.

Le dossier d’archives (l’un des plus riches du fonds Perret) témoigne de l’importance architecturale de cet ensemble. Actuellement, seul le bâtiment administratif est inscrit à l’Inventaire. Les autres constructions qui ne sont pas protégées risquent de disparaître en particulier l’étonnant bâtiment de giration de forme circulaire. Démanteler un tel patrimoine pour n’en conserver que la partie administrative serait discréditer la politique de protection du patrimoine du XXe engagée par le Ministère de la Culture.

- Les Forges de Syam (département du Jura)

Les Forges de Syam représentaient l’un des deux sites industriels encore en activité du réseau des Musées des techniques et cultures comtoises. Nichées dans une petite vallée jurassienne, elles avaient maintenu une tradition métallurgique attestée sur place depuis plusieurs siècles. Au petit martinet du XVIIe siècle avaient succédé en 1810 des forges dotées de l'un des tous derniers perfectionnements de l'époque : un laminoir. Deux siècles plus tard, c'était toujours autour de cet outil - l'un des derniers de France - que s'organisait la production de l'usine, destinée aux industries de pointe européennes. Exceptionnel à cet égard, le site de Syam l'est aussi par l'extraordinaire villa néo-palladienne édifiée dans les années 1830 pour le propriétaire des forges, Emmanuel Jobez.

Alors que le groupe Experton-Revollier (propriétaire) a décidé de fermer définitivement l'entreprise, l'avenir de ce fleuron du patrimoine industriel reste très incertain.

Plusieurs projets de reprise seraient envisagés : l'un pour la création d'un écomusée et l'autre pour la poursuite de l'activité des forges. Actuellement, malgré la fermeture du laminoir en décembre 2008, une petite dizaine de salariés maintient les forges en fonctionnement pour répondre aux dernières commandes. Mais la date du 31 mars 2009 marquera sans doute l'arrêt définitif des Forges de Syam, emportant avec lui le savoir-faire exceptionnel d’un site industriel témoin d'une aventure vieille de plus de 200 ans.


4) Un grand projet à plus long terme

    • Une cité du Cinéma : Saint-Denis 

Située au nord de Paris, près du grand stade de France, à proximité de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, cette cité du cinéma s’installera dans un vaste espace aujourd’hui occupé par l'ancienne centrale thermique Saint-Denis II. Datant des années 1930, la salle des machines de 220 m de long constituera l’épine dorsale de cette cité du cinéma. Pour l’aménager, Europacorp, la société de pro­duction et de distribution de Luc Besson, a choisi l'architecte Philippe Robert de l'agence Reichen et Robert. 

Son projet architectural vise à conserver le patrimoine industriel en réhabilitant la centrale thermique de 1931-1953 (cinq tranches de production) et en construisant de nouveaux bâtiments dans la logique du plan d’origine. Certaines salles comme la salle des machines (nef), la salle des pompes et leurs annexes seront intégralement reconverties et transformées en halls et restaurant. Les façades anciennes seront ravalées et recevront de nouveaux vitrages conçus selon le découpage des ouvertures d’origine. Le com­plexe cinématographique, déployé sur 63.500 m2 regroupera toutes les activités nécessaires à la fabrication d'un film : des bureaux (dont EuropaCorp louera une partie), 9 plateaux de tournage, des loges, des ateliers de peinture, de menuiserie, des salles de montage et d'entrepôt de matériels, des restaurants et 8.000 m2 abriteront l'Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière. On estime qu'un millier de personnes pourrait travailler sur ce site quotidiennement. Actuellement, le projet est entré dans sa phase de démarrage : les permis de construire et de démolir ont été signés, les enquêtes publiques et les opérations de dépollution achevées. Les travaux qui viennent de commencer devraient durer plus de deuxans. L’ouverture de cette Cité du cinéma est donc prévue en 2012. Coût de l’opération : 140 millions d’euros.

5) Les nouveaux musées scientifiques, techniques et industriels :

- Espace Alu, musée de l’aluminium : Saint-Michel-de-Maurienne (département de la Savoie) 

Inauguré en novembre 2007, ce musée de l’aluminium, le seul au monde dédié à l’histoire du métal léger, s’est installé dans la vallée de la Maurienne où six usines avaient été créées entre 1892 et 1907. Installé dans un ancien presbytère entièrement rénové, il présente deux collections : celle de l’AMMA (Association pour un musée mauriennais de l’aluminium) remarquable par ses outils anciens et celle de Jean Plateau-IHA (Institut pour l’Histoire de l’Aluminium) composée d’environ 20 000 objets dont certains datent de la période dite « chimique » (1854-1889). Au terme de sept années de travail avec un budget de 2 millions d’euros, la commune de Saint-Jean-de-Maurienne possède désormais un équipement culturel de grande valeur, à la muséographie très contemporaine, appuyée sur la documentation considérable amassée depuis 1986 par l’IHA. Florence Hachez-Leroy, (Université d’Artois) historienne et spécialiste de l’aluminium en a assuré la médiation scientifique. (Photo)

- Le musée des Manufactures de dentelles de Retournac (département de la Haute-Loire)

Ouvert en 2007 dans une petite commune de 2 500 habitants, ce musée est une très belle réussite, grâce au dynamisme de son équipe, à ses exceptionnelles collections, à ses expositions d’art contemporain inspirées par les créations dentellières et à sa muséographie de grande qualité.

En 1994, la commune de Retournac sauva de la dispersion l’intégralité de l’entreprise «Auguste Experton et Fils» en acquérant le bâtiment et son contenu (plus de 400 000 objets).
L’étude de la collection, menée pendant un an et demi, permit d’obtenir le contrôle de ce fonds par la Direction des Musées de France en 1996.
En 1998, avec l’aide du Fonds Régional d’Acquisition pour les Musées, les collections furent enrichies par l’achat de l’entreprise «Claire Experton et Cie», manufacture de dentelles fermée en 1997.Outre une remarquable collection de plus de 5000 dessins dentelliers des années 1880 à 1920, la partie la plus importante du fonds est l’atelier de dentelles mécaniques. Il comporte une typologie presque complète des différentes machines utilisées depuis 1902 en Haute-Loire.Le bâtiment, datant de 1913-14 et complété par une extension contemporaine en béton armé, abrite aujourd’hui les espaces d’exposition du musée.

Le bâtiment «Auguste Experton et Fils» est aujourd’hui le lieu de réserves des collections du musée.

- Cité internationale de la dentelle et de la mode : Calais (département du Pas-de-Calais) (Photo)

Ce projet, en gestation depuis plusieurs années, devrait être inauguré dans le courant du mois de mai 2009. Ce grand musée est installé dans un site exceptionnel : une ancienne usine de dentelle mécanique, en activité jusqu’en 2000, composée de trois bâtiments en « U » datant des années 1870 (l’usine Boulart). Il disposera d’une surface importante qui permettra de mettre en pleine lumière la dimension technique de la production de dentelle mécanique grâce à l’exceptionnelle collection de métiers Leavers récupérés depuis de longues années et pour la plupart en état de fonctionnement. Dès la phase d’élaboration du projet, le musée a tenu à associer les fabricants calaisiens encore en activité et la population locale.

La ville a acquis de surcroît un ancien atelier de dentelle afin de regrouper ses importantes collections techniques et de disposer d’espaces pour la restauration des machines et des différents outils ainsi que pour assurer le traitement des collections annexes (collections textiles en particulier).

- Cristallerie Saint-Louis-lès-Bitche (département de la Moselle)

"La Grande place", musée du Cristal Saint-Louis a ouvert ses portes en 2007 à Saint-Louis-lès-Bitche (Moselle).

La manufacture Cristal Saint-Louis, implantée dans la forêt vosgienne, en pays de Bitche, depuis 1571, accueille désormais un musée qui expose une collection de plus de

1 500 pièces réalisées sur site, de la plus banale à la plus exceptionnelle. "Ni showroom, ni écomusée", tel était le cahier des charges de Jean-Louis Dumas, alors patron d’Hermès, propriétaire de la cristallerie. La réponse des architectes Florence Lipsky et Pascal Rollet a été de construire une halle de bois et de polycarbonate qui campe au-dessus de la fosse de l’ancien four, au milieu du ballet incessant des maîtres verriers. En effet, l’originalité de ce musée est qu’il est installé au cœur du site de production. Il s’agit donc d’une sorte de « bâtiment-outil ». Les visiteurs qui admirent les collections ont en même temps une vue plongeante sur les ouvriers en train de travailler.

- Musée de la métallurgie ardennaise : Bogny-sur-Meuse (département des Ardennes)

Depuis 2007, des travaux avaient été engagés à Bogny-sur-Meuse pour transformer l’ancienne Manufacture Ardennaise – une usine de forge et estampage créée à la fin du XIXe siècle - en musée de la métallurgie ardennaise. Depuis des années, une équipe de bénévoles avait rassemblé une collection importante d’outils et d’objets et remis en état de fonctionnement tout un ensemble de machines relatives à la clouterie et à la boulonnerie. Avec la collaboration de René Colinet historien et spécialiste de la métallurgie ardennaise, le cabinet d’architectes Gottatd-Halleux-Claudel de Sedan a été choisi pour la rénovation du bâtiment et un cabinet parisien Créatime a été chargé de l’élaboration de la scénographie. Réhabilité avec soin, largement étendu et enrichi, le musée est ouvert depuis mai 2009.

- Musée du sel : Salins-les Bains (département du Jura)

Site majeur du patrimoine industriel national, les salines ont été classées dans leur totalité Monuments Historiques au mois de novembre 2008.
Au printemps 2008, le musée du sel de Salins-les-Bains a ouvert ses portes. 
Les visiteurs peuvent aujourd’hui découvrir le site historique restauré et de nouveaux espaces.Le parcours de visite permetnotamment d'accéder au magasin des sels, jusqu'alors inaccessible. Témoin de l'époque florissante de « l'or blanc » cette partie présente le site industriel dans sa globalité et accueille un espace audiovisuel.

D'importants travaux de rénovation ont été nécessaires, mobilisant de nombreux spécialistes. Tous les objets et documents exposés ont été patiemment collectés, étudiés, analysés, inventoriés et restaurés par des experts afin de restituer le plus fidèlement possible l'histoire du sel à Salins-les-Bains.
Le chantier comporte également la restauration d'un élément unique en France : la dernière poêle utilisée pour extraire le sel, dont la pérennité est aujourd'hui menacée. Des préconisations ont donc été fournies par les experts pour améliorer sa conservation. Opération pilote pour le Ministère de la culture, ce chantier pourrait à l'avenir servir de modèle pour d'autres cas similaires. Budget prévisionnel : 7,5 millions d’euros.

6) Dossiers Patrimoine mondial

- Salines de Salins-les-Bains 

Depuis janvier 2008, les salines de Salins-les-Bains faisaient l’objet d’une procédure d’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, en extension de celle d’Arc-et-Senans (inscrite sur la liste en 1982).

A l’époque, c’était le caractère exceptionnel de l’architecture du site d’Arc-et-Senans qui avait été retenu. En 2008 la proposition prenait tout son sens dans la mesure où Arc–et-Senans ne se conçoit pas sans l’existence des salines de Salins dont l’histoire remonte à plusieurs siècles. Les deux sites avaient été d’ailleurs liés durant plus d’un siècle par un saumoduc d’une vingtaine de kilomètres.

Dans le cadre de cette démarche, la restauration des salines et la création du musée du sel constituaient un véritable atout. Une nouvelle dynamique entre Arc-et-Senans et Salins-les-Bains pouvait voirainsi le jour.

Porté par la ville de Salins-les-Bains, le projet avait reçu le soutien de l’Union européenne, de l’Etat, de la Région Franche-Comté et du Conseil général du Jura. La conservation et la valorisation des collections, ainsi que la conduite scientifique du projet étaient placées sous l’autorité des Musées des techniques et cultures comtoises.

De profondes transformations ont été effectuées durant l’année 2008 et le début 2009 sur le site :

- Aménagement d’un nouvel accès pour les visiteurs avec une première salle d’accueil (vente des tickets d’entrée et boutique) et d’une deuxième salle en prolongement de la précédente où seront présentés une grande maquette animée du site et un tableau du début du XVIe siècle représentant la ville de Salins-les-Bains et la saline.

- Construction d’une « Boite » recouverte de plaques de tôles rivetées sortant du pignon est du bâtiment comprenant deux niveaux qui sera un lieu d’exposition permanente et temporaire.

- Récupération par la saline de la maison qui jusqu’en 2007 hébergeait le casino. Suite à un incendie ayant endommagée la charpente, le casino s’installe actuellement dans un bâtiment nouveau à proximité de la saline. La construction de ce nouveau bâtiment, réalisée par l’architecte en charge de la rénovation de la saline est sobre et ne nuit pas à l’environnement.

Les travaux de la première tranche (rénovation des bâtiments de la saline, aménagement de la cour, construction du nouveau casino et de ses abords) sont actuellement en voie d’achèvement.

Le dossier présenté en vue de l’inscription était d’une grande qualité et montrait bien la volonté de toutes les parties prenantes de collaborer efficacement pour présenter un projet global cohérent.

Sa partie historique et technique devait beaucoup au remarquable travail effectué depuis de longues années par Philippe Mairot, conservateur en chef du Patrimoine et directeur du Musées des techniques et cultures comtoises ainsi qu’aux membres de son équipe et au chercheurs de l’Inventaire.

Les salines de Salins-les-Bains, ont été inscrites le 27 juin au patrimoine mondial de l'Unesco en complément de la Saline royale d'Arc-et-Senans, déjà inscrite. Cette décision a été annoncée par le Comité du patrimoine mondial, réuni à Séville lors de sa session annuelle. Le nouvel ensemble est intitulé "De la grande saline de Salins-les-Bains à la saline royale d'Arc-et-Senans".

Une fois cette première étape réalisée et le nouveau musée ouvert, le chantier, qui compte au total trois phases s'échelonnant sur plusieurs années, se poursuivra avec l'aménagement des galeries souterraines et du logement du puits d'Amont (ancien casino). À terme, le nouvel équipement devrait permettre de doubler la fréquentation annuelle des salines. D’ores et déjà le nombre de visiteurs a doublé durant les deux mois d’été par rapport à l’année précédente.

- Bassin minier Nord-Pas-de-Calais

Dans le rapport national de 2006, nous avions attiré l’attention sur l’importance que représentait cette candidature du bassin minier en vue de son inscription sur la liste du patrimoine mondial dans la catégorie des « Paysages culturels évolutifs ». Pour toute cette région du nord de la France, profondément traumatisée par la fermeture définitive des derniers puits de mine dans les années 1990, l’enjeu était et demeure de taille. Le Bassin minier représente un territoire très vaste : plus de 120 km, 161 communes et 1,2 millions d’habitants. Depuis la création, en 2003 de l’association Bassin Minier Unesco, la mobilisation est à son maximum : L’Etat, le Conseil régional, les Conseils généraux (deux départements), l’association « La chaîne des terrils », Le parc naturel régional Scarpe-Escaut, Le Centre historique minier de Lewarde, les populations locales, tous ont concouru durant toutes ces années à rendre crédible cette démarche et à affiner le projet. Un énorme travail a été accompli dont nous avons pu avoir une présentation très complète lors du colloque de Lewarde en Novembre dernier (Communication de Catherine O’Miel directrice de l’association Bassin Minier Unesco).

Le projet est maintenant bien avancé. Souhaitons qu’il puisse aboutir prochainement.


7) Protections Monuments historiques en 2006 à 2008

Comme les années précédentes sur plusieurs centaines de sites protégés (inscrits ou classés) au titre de la loi de 1913 sur les Monuments historiques, seuls une dizaine par an peuvent se rattacher au patrimoine industriel. Nous avons beau déplorer cet état de fait, la situation ne s’améliore pas. La plupart du temps les sites protégés ne le sont que partiellement.

Pour l’année 2006 :

- Cantal : Bassignac Le viaduc de la Sumène (1893). Construit par les Fonderies et Ateliers de Fourchambault ce viaduc ferroviaire métallique de 367 mètres de longueur qui enjambe, à 46 mètres de hauteur, la vallée de la Sumène, appartenait à la ligne Paris-Aurillac dont le tronçon où se trouve le viaduc a été désaffecté en 1994.

- Cher : Le site sidérurgique de La Guerche-sur-Aubois :reconstruit en 1780, il s’est arrêté définitivement en 1869. Outre les hauts fourneaux, la protection est étendue à l’ensemble du site : lavoir à minerai, halle à charbon, logements ouvriers disposés autour d’une cour et d’étangs.

- Seine-et-Marne : Saint-Fargeau-Ponthierry : Ancienne usine de papier peint Leroy et sa centrale électrique avec ses deux machines à vapeur de 200 chevaux avec ses alternateurs, ses transmissions, etc. Un ensemble complet des années 1913/1920.

Pour l’année 2007

- Ariège : Lorp-Sentaraille. - Maison natale d'Aristide Bergès et ancienne papeterie de Prat du Ritou.

- Haute-Saône : Baignes. - Forges : Très bel ensemble comprenant : la maison de maître de forges, ses communs, son jardin, sa cour et ses clôtures, en totalité ; le réseau hydraulique, l'orangerie, un bâtiment en arc de cercle, deux corps de logements ouvriers, la base du haut-fourneau, l'ancien bâtiment de la machine à vapeur, un grand atelier, etc.

- Saône-et-Loire : Ecuisses. - Ancienne tuilerie Perrusson

- Haute-Savoie : Viuz-en-Sallaz. - Carrières de meules ou meulières du mont Vouan, Exploitées depuis l’antiquité jusqu’au début du XXe siècle, les meulières de Viuz-en-Sallaz, près de Bonneville, sont connues des spécialistes du monde entier

- Seine-Saint-Denis : Saint-Denis - Usine de l'orfèvrerie Christofle, 112, rue Ambroise-Croizat : les façades et toitures des bâtiments construits entre 1876 et 1880 ; les façades et toitures de la maison du directeur.

- Guadeloupe : Trois-Rivières. - Ancien four à chaux, 2016 route de la Plage : l'ensemble constitué de l'ancien four à chaux avec son magasin et son mur de soutènement

 Pour l’année 2008

Une douzaine d’anciens sites « industriels » ont fait l’objet d’une protection en 2008, au titre de la loi de 1913.

- Aveyron : Aubin.- Les deux cheminées d'usine.(Edifiées en 1847, ces deux cheminées dépendaient de la Compagnie des forges et fonderies d’Aubin)

- Gard : La Grand-Combe. - L'ensemble des installations minières du Puits Ricard,

- Hérault : Sète. - Anciens entrepôts Dubonnet, 51, quai des Moulins

- Jura : Salins-les-Bains. - Anciennes salines royales. Pour la grande saline : l'ensemble des bâtiments souterrains et de surface, y compris la tour de Flore, en totalité, avec leurs installations techniques, les vestiges des murs de clôture et la porte, les sols et sous-sols de l'emprise de la saline et les vestiges archéologiques qu'ils contiennent. Pour la petite saline : le puits à Muyre, situé sous l'établissement thermal.

(Une partie de la saline bénéficiait d’un classement depuis 1971. Cette inscription étend la protection à la quasi-totalité du site désormais occupé par le musée)

- Manche : Granville. - La forme de radoub du port de Granville, en totalité.

- Nièvre : Coulanges-lès-Nevers. - Anciennes forges de Forgeneuve

et Suilly-la-Tour. - Anciennes forges de Chailloy

(Deux grosses forges nivernaises datant du XVIIIe siècle. Pour la première, il s’agit d’une extension de l’inscription à l’ensemble du site)

- Pyrénées orientales : Mont-Louis. - Le four solaire

- Sarthe : Le Mans. - Autogare de la STAO (Société des transports automobiles de l'Ouest)

- Hauts-de-Seine : Malakoff. - Ancienne usine de liqueur Clacquesin, 18, avenue du Maréchal-Leclerc, en totalité. (Une partie de cette remarquable distillerie était inscrite depuis 2001. L’extension de 2008 permet de protéger la totalité d’un site exceptionnel par la qualité de ses édifices et de ses équipements encore en place)

- Guadeloupe : Pointe-à-Pitre. - L'ancien entrepôt situé quai Lefebvre, à l'angle de la rue Peynier, en totalité.

 


Bibliographie 2006-2009

  1. Ouvrages publiés par les Editions du Patrimoine (et Editeurs associés)
    - Images du patrimoine :

L’usine d’aviation Marcel Bloch à Déols, Nelly ALLETRU (texte) et Mariusz HERMANOWICZ (Photographies), ouvrage réalisé par la Région Centre (Service régional de l’Inventaire), Collection Images du patrimoine n°240, coédition Lieux-Dits/AREP-Centre Editions, 2007, 56 pages 105 illustrations

Entre fleuves et rivières, les canaux du centre de la France, Valérie MAURET-GRIBELIER, Collection Images du patrimoine, Editions Lieux-Dits, 2008, 104 pages, illustrations

- Marbres et marbreries, Laurent POUPARD (textes), Yves SANCEY (photographies), Editions Lieux-Dits, collection Images du patrimoine n)169, réédition 2008, 64 pages

- Le paysage industriel de la Basse-Seine, Emmanuelle REAL, Collection Images du patrimoine °249, Conseil régional de Haute-Normandie, Rouen 2008, 264 pages, illustrations.

- Parcours du patrimoine :

Des paysans à l’atelier. Patrimoine coutelier de la montagne thiernoise. Puy-de-Dôme, Marie-Blanche POTTE, (textes), Jean-Michel PERRIN (photographies) ouvrage réalisé par la Région Auvergne (Service régional de l’Inventaire),Collection Parcours du patrimoine, n°326, Editions Lieux- Dits, Lyon, 2007, 48 pages, illustrations.

Des usines au fil de la Fecht. Le patrimoine industriel de la vallée de Munster, Frank SCHWARZ(textes), Christophe HAMM (photos), ouvrage réalisé par la région Alsace (Service régional de l'Inventaire), Collection Parcours du patrimoine, n°333, Editions Lieux-Dits, Lyon, 2008, 48 pages, illustrations.

- Cahiers du patrimoine :

Regards sur le patrimoine industriel de Poitou-Charentes et d’ailleurs, direction scientifique Serge BOUFFANGE et Pascale MOISDON, ouvrage réalisé par la Région Poitou-Charentes (Service régional de l’Inventaire), Collection Cahiers du patrimoine n°91, Geste Editions, 2008, 378 pages, 668 illustrations.

  1. Autres ouvrages

- 100 sites en enjeux, l’héritage industriel de Saint-Etienne et de son territoire, Philippe PEYRE (texte) et Florian KLEINEFENN (photographies) Editions site Courriot/ Musée de la mine de Saint-Ėtienne, 2006, 464 pages

- DMC, patrimoine mondial ? Pierre FLUCK (sous la direction de) Jérôme Do Bentzinger Editeur, 2006, 117 pages, illustrations

- La manufacture d’Armes de Saint-Etienne, la révolution des machines (1850-1870), Bernard BACHER, Jean-François BRUN, Eric PERRIN, coédition ville de Saint-Etienne/Musée d’art et d’industrie, Un, deux…Quatre éditions, Saint-Etienne, 2007, 184 pages, illustrations.

- Atlas du patrimoine industriel de l’Isère, sous la direction de Cécile GOUY-GILBERT et de Jean-François PARENT, Conservation du patrimoine de l’Isère/Conseil général, 2007, 144 pages

- Patrimoine ferroviaire, Claudine CARTIER, Emmanuel de ROUX, photographies de Georges FESSY, Editions Scala/SNCF, Paris, 2007, 310 pages, 395 illustrations

-Wesserling, L’Eden du textile, Pierre FLUCK, Jérôme Do Bentzinger Editeur, Mulhouse, 2008, 160 pages, illustrations

- Usine à mémoires, Les Archives nationales du monde du travail à Roubaix, Françoise BOSMAN (sous la direction de), Le Cherche Midi, Paris , 2008, 288 pages

- Dossiers Patrimoine industriel (sous la direction de Gracia Dorel-Ferré), revue Historiens-Géographes, 1ère partie n° 398 mai 2007, 2ème partie n° 401 févier 2008, 3èmepartie n°405 janvier 2009.

- Les Grands Moulins de Pantin, l’usine et la ville, sous la direction d’Evelyne Lorh, Geneviève Michel, Nicolas Pierrot, éditions Lieux-dits, Lyon, 2009, 211 p. Préface de Denis Woronoff.


 

1 Emile Pereire créa en 1860 la Compagnie des Entrepôts et Magasins généraux qui prit dès 1861 la forme d’une Société anonyme cotée en bourse. En 1864 James Hainguerlot vend ses propriétés du Pont de Flandres à Emille Pereire. En 1873, Le baron Haussmann prend la présidence de la Compagnie et achète les sites de Saint Denis et d’Aubervilliers à la famille Hainguerlot.

2 En 1896, les fondateurs de la Cotonnière lilloise achètent un terrain dans le secteur de Lille-Canteleu (« Chant du loup »). En 1920, l’entreprise Le Blan, qui possède déjà deux filatures à Lille-Moulins et Mantes-sur-Seine, s’installe sur le site, puis rachète La Cotonnière. Après l’apogée des années 1960, où Le Blan assure 3% de la production française du fil de coton, c’est le déclin. La liquidation judiciaire est prononcée en 1989, la filature ferme ses portes.