Please select your page

Rechercher dans le site


4 articles en relation avec "Revue de presse"

Résultats 1 à 4 sur 4

Revue de presse : patrimoine industriel musical à sauvegarder

Eure: un patrimoine musical à sauvegarder

Source : http://www.paris-normandie.fr/actu/eure-un-patrimoine-musical-a-sauvegarder

Le Département de l'’Eure, le service régional de l’'inventaire et du patrimoine de la Région Haute-Normandie ainsi que les communes de la Couture-Boussey, Ézy-sur-Eure, Ivry-la-Bataille et Garennes-sur-Eure s’'associent pour réaliser un inventaire du patrimoine industriel portant sur la facture instrumentale.

C'est dans ces communes du Sud de l'Eure, reconnu comme le berceau des instruments à vent, que nombre de luthiers ont conquis le monde, à l'image des clarinettes Leblanc ou encore Buffet-Crampon, de renommée internationale. Cette dernière usine a quitté l'Eure il y a deux ans. Les villages entendent bien collecter les traces de cette gloire quelque peu passée.

La production de clarinettes à l’usine Buffet-Crampon – ex Leblanc - s’est arrêtée en juillet 2012. Patrimoine industriel, le bâtiment a été vendu en septembre à un particulier. La commune de La Couture-Boussey a fait le choix de ne pas investir. 

Revue de presse : le Monde : Paris redécouvre son patrimoine industriel

Paru dans le Monde du 4 décembre 2013

Paris redécouvre son patrimoine industriel

LE MONDE | 03.12.2013 

Par Denis Cosnard

ecran 2013-12-03_à_17.06.56 S'ils revenaient chez eux, les Durst-Wild n'en croiraient pas leurs yeux. A la fin du XIXe siècle, ces deux frères avaient fait construire en plein cœur de Paris – rue du Caire (2e arrondissement) – une fabrique de feutres et de chapeaux de paille. A l'époque, le quartier était l'un des principaux centres de production français pour ce type d'articles.

L'immeuble est toujours là, avec ses grosses poutres de renfort qui supportaient les machines. Mais les créateurs de start-up qui s'affairent depuis quelques semaines dans les six étages tout juste repeints n'ont rien à voir avec les ouvrières d'antan.

« Coworking » en sous-sol, « espace de disruption » en haut, WiFi à tous les étages ! Bienvenue dans le nouveau siège de Silicon Sentier, « le grand lieu de l'innovation et du numérique » que son président, Adrien Schmidt, est fier d'avoir installé dans une ancienne usine. Une révolution industrielle chasse l'autre…

Une reconversion qui symbolise le nouveau regard porté sur l'industrie à Paris. A partir des années 1950, des centaines d'usines ont été rasées pour faire place à des immeubles, à des tours comme celles du front de Seine, à des jardins publics. A présent, plus question de rayer de la carte ce type de sites sans autre forme de procès. Après en avoir eu honte, la ville redécouvre son patrimoine industriel. Et commence lentement à le valoriser.

Témoins, ces usines reconverties en lofts, en cafés, en musées, en ateliers d'artistes, en incubateurs pour jeunes sociétés, en universités comme aux Grands Moulins de Paris (13e), ou en boutiques ultrachics. Témoin aussi, l'ensemble de manifestations sur « les Paris de l'industrie » organisé en cette fin d'année par la Mairie de Paris, avec, notamment, une exposition qui s'ouvre, jeudi 5 décembre, au Réfectoire des cordeliers (6e).

On pourra notamment y admirer la maquette d'époque d'une « chambre de plomb », ce procédé utilisé par le comte d'Artois – frère de Louis XVI et futur Charles X (1757-1836) – dans sa manufacture construite à Javel en 1779 pour fabriquer de l'acide sulfurique et du chlore, la fameuse eau de Javel. Ou encore le curieux masque en fer que portait Lavoisier (1743-1794), l'homme qui modernisa la production de salpêtre, lors de ses expériences à l'Arsenal.

LA DÉSINDUSTRIALISATION DE LA FRANCE COMMENÇA À PARIS

« L'industrie parisienne a longtemps été vue de façon assez négative,analyse Thomas Le Roux, l'historien de 41 ans à l'origine de cette exposition. Pour les élites politiques, Paris devait briller, attirer les touristes, et non pas donner l'image d'une ville sale, polluante. Les prix du foncier ont aussi poussé à détruire les usines. »

C'est à Paris que la désindustrialisation de la France a débuté. Les usines ont d'abord quitté le centre, puis les quartiers périphériques. Ce mouvement silencieux est à peu près achevé. Le nombre de sites encore en activité intra-muros se compte sur les doigts d'une main.

Le plus important, le plus secret aussi, est celui du fabricant d'agendas et de cahiers Exacompta-Clairefontaine. Quai de Jemmapes (10e), il est en partie installé dans une ancienne centrale électrique construite à partir de 1895 par l'architecte Paul Friesé (1851-1917).

Les usines étant désormais fermées, abandonnées, détruites ou transformées, l'heure semble venue d'entamer un effort de mémoire, comme l'ont fait Londres ou Le Creusot (Saône-et-Loire), il y a des années déjà. L'heure de réaliser un fait presque inimaginable aujourd'hui : Paris a été une capitale industrielle.

La ville des plaisirs et des fêtes a compté des milliers d'usines. « Elle a même été l'un des berceaux de la révolution industrielle », assure Jean-François Belhoste (Ecole pratique des hautes études), qui cite la filature de coton installée dès 1801 par les industriels Richard (1765-1839) et Lenoir (1768-1806) dans un ancien couvent qui existe toujours rue de Charonne (11e).

« Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les édiles parisiens souhaitaient plutôt rejeter l'industrie hors les murs », dit M. Le Roux. Il s'agissait d'« éloigner du milieu des villes les professions qui peuvent infecter l'air », comme l'écrivait Nicolas Delamare dans son Traité de la police en 1713.

UNE RUCHE D'UN DEMI-MILLION D'OUVRIERS

Mais à partir de 1870, les industriels exercent une forte pression pour s'implanter dans Paris, et se rapprocher à la fois de leurs clients, de leurs fournisseurs et de leur main-d'œuvre. Le mouvement engagé par les chimistes, Lavoisier en tête. Ceux-ci finissent par obtenir gain de cause, malgré l'opposition fréquente des riverains.

« Au tournant de 1800, et en l'espace d'à peine deux générations, Paris devient une grande ville industrielle alors qu'elle était surtout connue jusqu'alors pour son artisanat », résume M. Le Roux. C'est ainsi que surgit l'usine chimique de Javel, suivie par des centaines d'autres.

Cette vitalité n'est pas vraiment remise en question par les grands travaux du baron Haussmann. « Contrairement à une idée reçue, de nombreuses activités industrielles se sont fort bien insérées dans cette nouvelle ville,relate M. Le Roux. Dans les étages d'“immeubles industriels”, dans les cours d'anciens hôtels particuliers, au coeur d'îlots anciens, le Paris d'avant 1860 continue d'accueillir un artisanat et une industrie vivace et flexible. » Sous le Second Empire, cette ruche réunit près d'un demi-million d'ouvriers !

Après 1860 et l'annexion de plusieurs communes environnantes, Paris s'impose comme une capitale industrielle. Les usines, grandes et petites, y poussent comme des champignons. Manufactures de tabac. Fabriques de chaussures. Imprimeries des grands journaux. Usines métallurgiques, comme celles de Cavé au faubourg Saint-Denis ou Cail à Grenelle.

Et c'est en C'est aussi à cette époque qu'« en 1891 naquit l'industrie automobile », rappelle fièrement une plaque apposée sur le long bâtiment en brique rouge de Panhard et Levassor, avenue d'Ivry (13e). Occupé par la SNCF, il vient d'être réhabilité et vendu pour 165 millions d'euros.

VESTIGES ASSEZ ABONDANTS

De tout cela, que reste-il ? Enormément de bâtiments ont été détruits, à l'image de ceux de Citroën à Javel. « Ceux qui ont été sauvés l'ont souvent dû à leurs qualités architecturales, comme les usines électriques de Paul Friesé, la Société urbaine d'air comprimé (Sudac, 13e) ou les Grands Moulins de Paris », note Paul Smith, du ministère de la culture.

D'autres, telle la manufacture d'instruments de musique Gautrot-Couesnon, à Belleville (11e), ont survécu grâce à une action militante – en l'occurrence, la mobilisation tenait surtout au fait que le lieu avait ensuite accueilli la Maison des métallos CGT.

« En réalité, les vestiges sont assez abondants, notamment dans l'est de Paris, nuance M. Belhoste. Le tout est de savoir les regarder, les décrypter. » Les traces se limitent parfois à peu de choses. Un nom de voie : la rue des Forges (2e). Les contours d'un pâté de maisons, comme, aux Batignolles, ceux restés fidèles à l'implantation de l'usine de locomotives Goüin, ancêtre du groupe Spie-Batignolles.

Ou encore, rue de Bagnolet (20e), un porche surmonté d'une inscription en lettres rouges : « Maison fondée en 1871. Pellissier, Jonas & Rivet Inc. Paris-New York. » C'est tout ce qui subsiste d'une fabrique de feutre à partir de poils de lapin qui connut son heure de gloire dans les années 1900, installa une filiale aux Etats-Unis, et fonctionna jusque dans les années 1950.

Aucun inventaire complet des anciennes usines de Paris n'ayant été effectué, « il faut parfois jouer les détectives », conseille M. Belhoste. De nouveaux mystères à résoudre pour les Nestor Burma d'aujourd'hui.

Lire aussi : Uniqlo transforme la dernière usine du Marais en temple du vêtement

Les Paris de l'industrie (1750-1920) est une manifestation organisée par la Mairie de Paris. Elle propose une série de neuf conférences, qui a déjà débuté au Petit Palais (8e), un colloque prévu les 19 et 20 décembre, un livre (par Thomas Le Roux, Editions Créaphis, à paraître), et une exposition qui s'ouvre, jeudi 5 décembre, au Réfectoire des Cordeliers, 15, rue de l'Ecole-de-Médecine (6e). www.paris.fr

Denis Cosnard  Journaliste au Monde


Voir également l'annonce de l'exposition sur le thème des Paris de l'industrie

Revue de presse : le Monde :Uniqlo transforme la dernière usine du Marais en temple du vêtement

Paru dans le Monde du 4 décembre 2013

Uniqlo transforme la dernière usine du Marais en temple du vêtement

LE MONDE | 03.12.2013 

Par Denis Cosnard

Il y a quelques années, les promoteurs auraient sans doute tout supprimé. Les fours, les meules en fonte, la cheminée de brique rouge. Au prix du mètre carré dans le Marais, quelle belle opération immobilière !

Au 39, rue des Francs-Bourgeois, dans le 4e arrondissement de Paris, l'usine de la Société des cendres construite au milieu du XIXe siècle ne va pourtant pas disparaître. Onze ans après avoir cessé de fonctionner, elle est en train d'être transformée en temple du vêtement par Uniqlo.

Ouverture prévue en avril 2014. Sur place, le géant japonais de l'habillement prend soin de garder bien visibles les traces du passé. « On ne touche surtout pas à l'atmosphère de ce lieu, confirme-t-on chez Uniqlo. C'est ce qui nous a attirés ici ! »

L'endroit est effectivement unique. Derrière sa façade classique se cache une usine pas comme les autres. Des « laveurs de cendres » y œuvraient. Ce métier méconnu consiste à traiter les déchets des bijoutiers et joailliers, afin de récupérer l'or, l'argent ou encore le platine qui s'y trouvent mêlés à toutes sortes de poussières.

UN HAUT-FOURNEAU AU SOUS-SOL

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, cette activité était confiée à des professionnels. Mais les orfèvres et autres bijoutiers parisiens trouvaient le service mal effectué et trop coûteux. En 1859, ils choisissent donc de s'occuper eux-mêmes des rognures et autres limailles minutieusement récupérées dans leurs ateliers, et créent à cette fin la Société des cendres.

C'est une sorte de coopérative, dont les clients sont aussi les actionnaires. Le bâtiment tel qu'il existe aujourd'hui a été construit pour cette jeune société en 1867. A l'époque, les grands bourgeois du Marais étaient partis pour le faubourg Saint-Germain et le quartier avait été livré à l'industrie.

L'immeuble sur rue, avec son bel escalier en spirale et les pièces qui servaient de bureaux, présente tous les traits d'un hôtel particulier. Mais le sous-sol était occupé par un haut-fourneau et des meules. Au rez-de-chaussée se trouvait un autre four, dans un grand atelier doté d'une charpente métallique et coiffé d'une verrière.

Les bijoutiers venaient avec des sacs de 50 à 500 kilogrammes contenant la poussière ramassée les mois précédents. Ces déchets étaient brûlés, puis les cendres étaient broyées. Ces résidus étaient ensuite tamisés, lavés et traités au mercure.

Les matières précieuses étaient alors séparées, puis agglomérées en lingots. « Pendant tout ce temps, les clients étaient là, à surveiller ce que devenait leur poussière contenant de l'or ou de l'argent », se souvient Gilbert, un ancien « cendrier ».

L'activité s'est poursuivie quasiment sans changement jusqu'au début du XXIe siècle. « Elle a occupé jusqu'à 100 personnes lorsque nous traitions les pellicules Kodak argentiques, raconte Gilbert. En 2002, on a terminé à vingt-cinq. »

La Société des cendres existe toujours. Mais elle s'est reconvertie dans les alliages et autres produits pour les dentistes, et a déménagé à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Laissant à Uniqlo un espace libre de cachet.

Denis Cosnard  Journaliste au Monde

Voir également du même auteur et sur le même sujet... Paris redécouvre...

Voir également l'annonce de l'exposition.

Revue de presse : Le Creusot : Valoriser le patrimoine industriel

Au cours d’un conseil communautaire d’une heure où les interventions ont été peu nombreuses, les élus ont voté jeudi la création d’un Centre d’interprétation de la grande industrie, au Château de la Verrerie.