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Revue de presse : DMC à Mulhouse... (mise à jour)

DMC« L’irréversible a été commis »

Ajout  revue de presse envoyée par P. Fluck cliquez ici (démolition Alsace) PDF : 2 MO

lire l'article ici : http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2014/01/04/l-irreversible-a-ete-commis

Nous vous invitons également à lire les réactions en ligne des lecteurs sur le patrimoine, la conservation... 

Après le démarrage de la démolition de la filature DMC de 1812, les universitaires Pierre Fluck, spécialiste du patrimoine industriel, et Marie-Claire Vitoux, présidente du Conseil consultatif du patrimoine mulhousien, réagissent.


Professeur à l’Université de Haute Alsace, membre de l’Institut universitaire de France, le spécialiste du patrimoine industriel Pierre Fluck est l’auteur d’une étude-diagnostic sur le site DMC commanditée par la Ville de Mulhouse et réalisée en 2005.

« […] Le 4 juin 1812, Daniel Dollfus-Mieg se présente à une vente peu ordinaire : pour la somme de 502 000 francs, il se porte acquéreur des mines de Ronchamp. L’industriel avait besoin de combustible pour faire tourner dans sa toute nouvelle filature la première machine à vapeur d’Alsace, une Peel & Williams fabriquée à Manchester. Car il vient de construire à Mulhouse la plus grande filature d’Europe continentale ! Et la première usine totalement ‘’à l’anglaise’’. […]Après avoir conduit une recherche approfondie […], nous pouvions écrire, dans le livre DMC Patrimoine mondial ? paru en 2006 : ‘’Le bonheur, et en même temps la surprise, c’est que la filature géante existe encore, comme une miraculée qu’on avait oubliée.’’L’édifice a de quoi surprendre. Nous nous y sommes rendus presque en cachette avec mes étudiants, pour leur faire percevoir ce qu’est le patrimoine […] Ils m’ont exposé leurs impressions : […] ‘’Très rapidement, nous constatâmes la grande beauté architecturale du lieu.’’ ‘’Un si grand espace non exploité est un gâchis pour la ville.’’ […] ‘’Ce bâtiment est sans conteste un témoignage incommensurable de l’âge d’or du textile et du passé industriel de la ville’’…La beauté du lieu fait donc l’unanimité. […] Les 1300 signatures déposées sur le bureau du maire, fin 2010, pour sauver ce bâtiment, l’ont de fait propulsé dans le champ du patrimoine et l’ont érigé en monument. Or, que dit Victor Hugo (1834) à propos d’un monument ? ‘’[…] Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté : son usage appartient à son propriétaire, sa beauté à tout le monde ; c’est donc dépasser son droit que de le détruire.’’Toute l’histoire de DMC, une icône pour le textile dans le monde, perd à présent son sens. Cette phrase est d’actualité, plus qu’elle ne l’a jamais été. Non, Monsieur le président du groupe Superba, il ne vous appartenait pas de culbuter ce monument. Quel dommage d’ailleurs, dans les négociations entre la Ville et Superba, que la valeur patrimoniale de l’objet – un Parthénon de la révolution industrielle – n’ait pas du tout été prise en compte.L’irréversible a été commis. C’est plutôt regrettable, alors même qu’on s’efforce de valoriser le petit empire DMC et de l’intégrer dans la logique de la prestigieuse Internationale Bauausstellung Basel pour l’horizon 2020.

Et qu’on est en train de construire, au sein de l’Université de Haute-Alsace (UHA), une formation Erasmus unique en Europe intitulée Enjeux sociétaux de l’archéologie industrielle. Elle s’ajoute d’ailleurs au démarrage d’une formation en ligne pilotée par l’UHA et l’Ircos sur les reconversions des friches industrielles (car c’est bien de cela qu’il s’agit).Pire, alors qu’on aurait pu intervenir au moment de la démolition pour au moins sauver la connaissance du bâtiment et de ses infrastructures par une intervention archéologique comme on en fait dans tous les domaines de l’archéologie préventive, cette démolition brutale s’est faite sans même que soit informé le seul laboratoire d’archéologie industrielle en France (le Cresat à l’UHA).[…]

Dans Mulhouse Trésors d’usines (2011), j’écrivais à propos des démolitions menaçantes : ‘’Ne laissons pas faire cela, car nous ne risquons rien moins que de laisser fléchir la valeur de notre héritage au-dessous des exigences de l’Unesco (patrimoine mondial), auxquelles nous pourrions et devrions légitimement émarger. ‘’En 2007, j’avais personnellement présenté au Comité international pour la conservation de l’héritage industriel (dont les spécialistes instruisent les dossiers Unesco), réuni pour recenser les meilleurs sites mondiaux, les qualités du site mulhousien. Hélas la disparition de ce fleuron entraîne le reste dans sa chute, car c’est toute l’histoire de DMC, une icône pour le textile dans le monde, qui à présent perd son sens. Nos enfants nous le reprocheront. »

 
LIRE AUSSI L’article paru dans notre édition du 28 décembre, dans lequel la municipalité s’exprimait sur cette démolition par la voix de l’adjointe à l’urbanisme Christiane Eckert.(accès payant)/

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Les défenseurs du patrimoine mulhousien se mobilisaient depuis des années pour préserver ce fleuron de l’histoire industrielle, construit il y a plus de 200 ans. Las, ce qu’il reste de l’ancienne filature DMC de 1812 a commencé à tomber hier sous les coups de pelle d’une entreprise de démolition, mandatée par Superba, propriétaire de ce bâtiment très endommagé après plusieurs incendies.

la-demolition-de-l-ancienne-filature-dmc-de-1812-a-demarre(photo du journal l'Alsace)

Les défenseurs du patrimoine mulhousien se mobilisaient depuis des années pour préserver ce fleuron de l’histoire industrielle, construit il y a plus de 200 ans. Las, ce qu’il reste de l’ancienne filature DMC de 1812 a commencé à tomber hier sous les coups de pelle d’une entreprise de démolition, mandatée par Superba, propriétaire de ce bâtiment très endommagé après plusieurs incendies.

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