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Colloque de Belfort 2011 : résumés et abstracts

Jean-Louis LOUBET et Alain P. MICHEL

Construire un lieu de mémoires sous la pression immobilière : le cas de Renault-Billancourt

Le 31 mars 1992, le dernier véhicule Renault sort des chaînes de l’Ile Seguin. Quels qu’ont été les motifs de cette fermeture, il faut plus de vingt ans pour élaborer la politique de reconversion d’un site marquant de l’histoire industrielle. Comme si ce temps était nécessaire à l’apaisement des esprits.

Immédiatement, la dimension patrimoniale du lieu est concurrencée – sinon dépassée – par la valeur foncière et urbanistique de ces plus de 100 hectares libérés aux portes de la capitale. Autour de cet espace se mêlent des enjeux nationaux, régionaux et locaux, se confrontent des volontés publiques et des intérêts privés. Les études se succèdent, ponctuées de coups d’éclats, de choix ambitieux, de plans prestigieux, de décisions tranchées et d’abandons répétées en attente d’un schéma définitif.

Aujourd’hui, la reconversion aboutit à faire table rase du patrimoine industriel, à l’exception d’une poignée de vestiges. Or c’est dans ce contexte post industriel que se concrétise une demande combinée de la ville de Boulogne-Billancourt et de Renault SA pour construire un « pavillon des mémoires ». Sollicités en tant qu’experts dans ce programme de valorisation rétrospectif, nous analysons ici les enjeux, puis nous questionnons le sens de la reconversion entreprise à Billancourt et les finalités de la politique urbaine qui la sous-tend.

Creating a place of memory under real estate pressure, the case of Renault at Billancourt

On 31 march 1992, the last Renault vehicle left the assembly line at the Renault plant on the île Seguin at Boulogne-Billancourt. Whatever the motives for the closure of the site may have been, it subsequently took more than twenty years to elaborate a policy for the reconversion of the site, which played a prominent role in France's industrial history. But the heritage values of the site come into immediate conflict with its real estate values: about 100 hectares of land advantageously situated at the very gates of Paris in the wealthy suburbs to the west. The site focuses national, regional and local issues and sets public policies against private interests. Study has followed study, punctuated by outbursts in the press, ambitious choices, prestigious plans, decisions made and then abandoned and still awaiting a definitive scheme. This process has resulted today in the almost complete disappearance of the built heritage on the site. The île Seguin is a 'tabula rasa'. This is the context in which a joint demand was made by the city of Boulogne-Billancourt and the Renault firm for the construction of a 'pavilion of memory' on the island. The authors of this contribution were invited as experts to participate in the programme for this memory centre. They analyse here what was at stake and question the overall significance of the reconversion of the Renault site and the finalities of the planning policies which underlie it.