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Colloque de Belfort 2011 : résumés et abstracts

Margaret MANALE

De l’identité ouvrière au marketing urbain, le patrimoine industriel de l’ex-RDA  

Spindlersfeld et Die Spinnerei (la filature) sont les noms de complexes industriels aujourd’hui désaffectés, construits à la fin du XIXe siècle à la périphérie des villes de Berlin et de Leipzig. C’est ce bâti industriel vétuste des régions de l'ex-RDA qui a fourni aux dirigeants de la nouvelle République de Berlin un patrimoine national d’une valeur insoupçonnée, car pendant une trentaine d’années, la présence du Mur a mis un frein aux politiques modernisatrices qui transformaient les modes de production dans toutes les régions du monde. Aujourd’hui, ils offrent un champ d’étude unique pour comprendre ce qui signifie une mise en valeur marchande du patrimoine. Le discours sur la culture architecturale et sur son intérêt touristique cache le plus souvent la réalité d’une spéculation immobilière partout à l’œuvre, et d’autant plus dévastatrice qu’elle est encouragée par une législation régionale souple en matière du « patrimoine ». Les référents de ces biens culturels passent alors du local au global – un message adressé aux acquéreurs potentiels pour lesquels un « monument historique » est en premier lieu une façade décorative et fiscalement avantageuse. Cette « patrimonialisation » permet non seulement de présenter sous l’angle voulu l’histoire allemande, mais encore de raconter ce passé comme si tout en elle préparait en secret et depuis des temps immémoriaux l’entrée dans l’Europe.

From working-class Identity to city marketing, the industrial heritage of the former East German Republic.

Spindlersfeld and the Spinnerei (Cotton Mill) are the names of now disused industrial complexes built in the late nineteenth century at the outskirts of the cities of Berlin and Leipzig. They are representative of the dilapidated industrial buildings found in the regions of the former German Democratic Republic that have provided the political authorities of the new 'Republic of Berlin' with a national heritage of inestimable value. The presence of the Berlin wall had slowed down the course of modernisation that has transformed modes of production worldwide. Today, these sites offer a unique field of study to understand what is meant by the commercial exploitation of cultural heritage. Rhetoric about architectural culture and its role in stimulating tourism frequently masks the realities of ubiquitous speculative real-estate investment which is all the more devastating as it is encouraged in Germany by lax regional legislation on historic objects. These goods loose their local cultural references in favour of global signifiers—messages addressed to potential buyers for whom a 'historic monument' is above all a decorative and fiscally interesting façade. 'Patrimonialisation', the process of recognising heritage, thus makes it possible not only to present German history from the desired viewpoint, but also to relate this past as if everything in it had constantly prepared in secret the coming of Europe since time immemorial.