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Menace sur l'usine Yara, vouée au démantèlement (MàJ)

Indre  |  Issoudun  | patrimoine

L'usine Yara : un joyau architectural '' unique '' NR 05/04/2011  (page complétée par de nouvelles photos ; voir en fin d'article)

Historien castelroussin, Pierre Remerand monte au créneau pour défendre la valeur architecturale de l'usine Yara, vouée au démantèlement.

Quand il entend parler du démontage de l'usine Yara d'Issoudun, Pierre Remerand a le coeur serré. Car cet ancien enseignant en histoire de l'architecture mesure toute la valeur de ce vieux bâtiment, édifié en 1926 par Albert Laprade.

« C'était un grand architecte, célèbre, reconnu. Il a construit trois usines de ce type en France : à Issoudun, près de Caen et en Eure-et-Loir. Celle d'Issoudun, qui fut en son temps la plus moderne de France pour la production d'engrais, est la seule qui est encore intacte. C'estun jalon dans l'histoire de l'architecture. Son esthétique s'inscrit dans un courant peu représenté en France : l'expressionnisme. Maurice Culot et Anne Lambrichs, les auteurs de l'importante monographie sur l'oeuvre de Laprade, parue en 2008, le soulignent : '' L'usine d'Issoudun est une des rares constructions de l'époque que l'on puisse mettre en parallèle avec celles réalisées en Allemagne '', pays qui est alors à l'avant-garde dans l'architecture des usines. » 

Laprade cliquez sur la vignette

L'usine Yara a cessé toute production en mai 2010. A peine un an plus tard, l'avenir du site semble sombre. Avant sa mise en vente, une campagne de démontage de tous les éléments liés à la fabrication des engrais est en cours et devrait s'achever en 2012. Un temps, Pierre Remerand a cru au sauvetage de l'usine Laprade. « A la demande de la Conservation régionale des Monuments historiques, un constat d'état des bâtiments a été effectué par un architecte du patrimoine, qui a finalement conclu à la dégradation des bétons et au coût élevé d'une éventuelle restauration, se désole l'historien castelroussin. La Direction régionale des affaires culturelles a donc décidé de ne pas poursuivre la procédure de protection. Une campagne photographique a été effectuée sur les bâtiments et les archives pour conserver la mémoire des lieux. »
Une bien maigre consolation pour cet amoureux de l'architecture qui a eu connaissance de la démolition prochaine de la grande cheminée.
« Pour sécuriser le site avant sa mise en vente, elle va être démolie sur une hauteur de 25 m. Or, tout le bâtiment s'organise autour de cette cheminée. Sans elle, on perd toute la cohérence du projet architectural voulu par Laprade. C'est sans doute la porte ouverte à la ruine et à la démolition. »

DSC06009 DSC05989 DSC05931 DSC04188  DSC04157  DSC04156 DSC04161 cliquez sur les vignettes

'' C'est sans doute la porte ouverte à la ruine et à la démolition ''

Pierre Remerand regrette « qu'aucune réflexion locale ne soit menée sur l'avenir de ce site ». « On ne peut pas se satisfaire des décisions prises. L'usine de Laprade n'est pas le banal volume d'un grand container. Tout au contraire, et c'est bien la difficulté de convertir un tel bâtiment, chacun de ses éléments fonctionnels est très fortement individualisé en vue de lui donner une expressivité maximale. » 

Des solutions existent, l'historien en est convaincu. « A Caen, l'ancienne grande halle de l'usine a été reconvertie en salle de sport ! Tout est possible... mais encore faut-il en avoir la volonté, conclut l'historien, qui lance un appel : Une concertation est-elle encore possible pour que la grande valeur patrimoniale de cette belle usine soit reconnue ? »

Martine Roy

Mise à jour 

Les bâtiments sont maintenant vidés de tous les matériels de fabrication des engrais, la structure de la grande halle est très impressionnante. La cheminée a été en partie démontée pour des raisons de sécurité, l'ensemble est à vendre en tout ou parties. Une partie des terrains à proximité pourraient servir à l'extension de l'hôpital ; quant à l'usine, elle sera difficile à reconvertir.

Pierre Remérand président des Amis du Vieux Châteauroux, membre de la SPPEF

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