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Moravie-Silésie : Le patrimoine industriel d’Ostrava-Dolní Vítkovice s’ouvre au public

Le patrimoine industriel d’Ostrava-Dolní Vítkovice s’ouvre au public

lire l'article et voir les photos (en grand format)  ici : http://www.radio.cz/fr/rubrique/tourisme/le-patrimoine-industriel-dostrava-dolni-vitkovice-souvre-au-public

Direction Ostrava, métropole de la région de Moravie-Silésie et qui est, avec ses 307 000 habitants, la troisième ville de République tchèque. Après trois heures de route à bord du RegioJet, nouvelle liaison ferroviaire reliant Prague à Ostrava, nous débarquons au centre-ville, dans la fameuse rue Stodolní, réputée pour ses bars de nuit et l’animation qui y règne. Autre phénomène particulier qui fait l’image de la ville et qui est le but de notre voyage, aujourd’hui : l’ancien site industriel de Dolní Vítkovice qui est en train d’être transformé en un important centre culturel et en musée de production métallurgique.

La production d’acier a été arrêtée à Ostrava-Dolní Vítkovice en 1998, alors que le groupe Vítkovice Machinery et la société métallurgique ArcelorMittal Ostrava sont toujours en activité. En 2002, le site de Dolní Vítkovice a été classé monument culturel national, avant de recevoir, en 2008, le label du Patrimoine culturel européen. Les tours des anciens hauts fourneaux qui se dressent à l’horizon lui ont valu le surnom de « Hradčany d’Ostrava », pour sa ressemblance avec le panorama du château de Prague. Un ascenseur géant transportera les touristes au sommet de l’ancien haut fourneau numéro 1, à une hauteur de 60 mètres. En attendant, le site est un immense chantier où les travaux de réaménagement des anciennes aciéries, cokeries, des hauts fourneaux et d’autres équipements technologiques de la production sidérurgique et énergétique ne s’arrêtent pas.

« Historiquement, la production du fer existe dans la région d’Ostrava depuis le XVIIe siècle… »

Vítkovicehttp://www.radio.cz/assets/imgs/arrow-red.png La voix de notre guide Jakub Švrček se perd dans le bruit des machines et des travaux, et pour cette raison nous continuons notre entretien dans un coin calme du bâtiment du futur musée technique :« Le monument culturel de Dolní Vítkovice est composé des hauts fourneaux, des cokeries et de l’ancienne mine de Hlubina. Son histoire est unique du fait qu’il concentre en une seule localité l’extraction du charbon, la production métallurgique, et le traitement du fer. Grâce aux capacités suffisantes des ressources et à leur concentration, les entreprises ont pu exister pendant près de 160 ans, dans un seul et même endroit. »

Vítkovice En 1835, le banquier viennois, Salomon Mayer Rothschild, devient propriétaire des aciéries de Vítkovice à Ostrava qui restent en possession de la famille jusqu’en 1873. La production métallurgique a alors connu un véritable boom. Pour capter le gaz, produit secondaire de la production d’acier, un immense réservoir à gaz a été érigé à côté des hauts fourneaux. Aujourd’hui, ce réservoir est en train d’être transformé en un nouvel espace multifonctionnel qui devrait accueillir dès le 8 mai 2012 les visiteurs d’un festival de musique dédié à Leoš Janáček.

L’architecte Josef Pleskot est à l’origine de l’idée d’utiliser une immense cloche ayant autrefois coiffé le réservoir à gaz d’origine. Après avoir été surélevée de 1 490 centimètres, cette cloche sera intégrée dans le nouveau toit de la salle des congrès. Les hauts fourneaux de Dolní Vítkovice ont cessé toute activité en 1998. Au cours des 160 ans d’existence, plus de 90 millions de tonnes d’acier y ont été produites. Grâce à l’association Dolní oblast Vítkovice et aux dotations de l’Union Européenne, l’ancien site industriel devrait connaître une seconde vie :

Vítkovice L’idée de départ de l’Institut du patrimoine était guidée par la philosophie du dernier jour des aciéries, c’est-à-dire par la préservation du site dans le même état avant que les ouvriers ne l’aient quitté. Comme il s’agit d’un complexe qui est fait d’acier, de fer et d’autres éléments en métal, on s’est rendu compte qu’il ne résisterait pas longtemps au temps et il a été décidé de conserver cette localité, de lui redonner une nouvelle vie, une nouvelle raison d’être. »

Comme l’observe encore Jakub Švrček, trois importants projets devraient être achevés en 2012 : le circuit de visites dans l’ancien haut fourneau numéro 1, l’espace multifonctionnel d’une capacité de 1 500 personnes, et le musée interactif aménagé à l’emplacement de l’ancienne centrale énergétique.

Château Rothschild  Une partie du site de Dolní Vítkovice est déjà accessible au public. Ainsi, cette année, plus de 160 000 visiteurs y sont passés. A l’entrée du site se trouve le château Rothschild qui a ouvert ses portes en 2009, après une restauration complète. Il doit son nom à la famille Rothschild qui l’a fait ériger en 1847 en tant que siège représentatif des directeurs d’alors. Une particularité du château est que chaque pièce du rez-de-chaussée est aménagée dans un autre style, dont le style dit bruxellois, raconte Lucie Břemková:

Lucie Břemková « Le style Bruxelles est inspiré par l’Exposition universelle de 1958 à Bruxelles. Les murs de la salle sont décorés de papiers peints et de tapisseries. La pièce est aménagée avec des objets en verre et des meubles des années 1960. On y expose des modèles miniatures de produits typiques de Vítkovice, dont une unité électrogène à vapeur, le modèle du pont ferroviaire d’Ústí nad Labem et certains autres articles exportés à l’époque vers le monde entier. »

Château Rothschild  La salle voisine, de style Empire, accueille des conférences et des concerts. La guide attire notre attention sur le pupitre de Václav Havel qui se trouvait au château de Prague et qui a été acquis lors d’une vente aux enchères. Une autre particularité est la salle de style dit ‘sorela’ - abrégé en tchèque de deux mots - le réalisme socialiste, un courant artistique et architectural typique des années 1950 originaire d’URSS. Lucie Břemková :

Château Rothschild  « Il y a des meubles d’origine des années 1970. Une bouteille de vodka reste posée au milieu de la table car c’est à cette même table qu’étaient passés des contrats avec l’Union soviétique. Les tableaux signés Josef Šmek sont des portraits de dirigeants politiques qui ont eu une influence négative sur le cours de l’histoire de notre pays, comme Gottwald et Zápotocký… Une exception dans cette série de leaders communistes, c’est le portrait de Václav Havel, le premier président démocratique élu par un parlement communiste. »

La salle centrale du château Rothschild est dominée par une grande table créée par l’architecte Kaplický. Cette année, on y a exposé Lacrima - une goutte d’or en forme de larme haute de presque un mètre, de l’artiste tchéco-argentin, Frederico Diaz, qui a représenté notre pays à l’Expo 2010 de Shanghai.

Musée minier au Landek parc  Autre site industriel qui vaut le coup d’être visité à Ostrava : le Landek parc, appelé ainsi d’après une colline locale et réputée pour la trouvaille de la statuette de la Vénus de Landek. Au Landek parc, on peut visiter le Musée minier et une exposition consacrée aux sauveteurs dans les mines. On écoute l’un d’entre eux, Miroslav Machara :

Musée minier au Landek parc  « Tout adepte au métier de sauveteur doit être un homme de plus de 25 ans qui a travaillé pendant trois ans au minimum dans une mine. Vu son exigence énorme, le métier ne peut être exercé au-delà de 48 ans, ensuite, il faut arrêter. Les sauveteurs ont sur leur emblème l’étoile des Chevaliers de Malte et ils prêtent serment devant la croix de cet ordre. Sur une plaque à l’entrée du musée sont inscrits les noms de 103 sauveteurs qui ont trouvé la mort en mission. »

Musée minier au Landek parc Le projet pour faire revivre l’ancien site industriel de Dolní Vítkovice à Ostrava et de valoriser son passé est sans précédent en République tchèque, tant par son contenu que par son étendue. Une exposition inaugurée le 8 décembre au Musée technique de Prague présente le modèle du futur centre culturel, technique et scientifique de Dolní Vítkovice qui, après avoir été inscrit sur la liste du Patrimoine culturel européen, envisage de présenter sa candidature au patrimoine de l’UNESCO.