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Rétromobile : le fardier de Cugnot à l'honneur

Si la presse a beaucoup parlé de la R4L de Renault, vedette de Rétromobile 2011, le fardier de Cugnot est peut-être plus original. Il sera présenté à cette exposition

bas-relief_cugnot_voidw

Le Fardier a été reconstruit, a fonctionné... Vous pouvez  voir ici l'engin (celui de Rétromobile n'est pas le même que celui refait en Lorraine, semble-t-il : la copie présentée à Paris a été adaptée alors que celle de Lorraine est plus proche de l'original, autant que la sécurité le permet) dans une petite vidéo : le fardier à Void en utilisant ce lien (vous pouvez également télécharger la petite vidéo (5,5 MO au format Wmw) pour la voir dans votre ordinateur

(bas-relief du monument à Cugnot - Void - Meuse : la statue de l'inventeur a été fondue par les Allemands)....

Lisez cet article...

Et si l’on parlait de la première automobile ?

Les fêtes de la vapeur ont drainé à Void-Vacon, bourgade de 1 500 habitants du sud meusien, une foule de badauds intéressés par cet important regroupement de machines à vapeur en fonctionnement. Pourquoi donc à Void ? Parce que Nicolas Joseph Cugnot y est né !

Nicolas-Joseph Cugnot est un ingénieur militaire français, né à Void-Vacon, Meuse, le 26 février 1725, mort à Paris le 7 octobre 1804. Il est particulièrement connu pour avoir conçu et réalisé, entre 1769 et 1771, le premier véhicule automobile jamais construit.

Il s'agit d'un « fardier » d'artillerie, mû par une machine à vapeur à deux cylindres. Cet exemplaire unique du premier véhicule automobile de l'histoire est parvenu jusqu'à nous dans un état de conservation remarquable. Il est entreposé dans l'abbaye de Saint-Martin-des-Champs, qui fait aujourd'hui partie du Musée des Arts et Métiers.

Le « chariot à feu » de Cugnot est le premier véritable et unique prototype de véhicule automobile capable de transporter un adulte de l'histoire humaine, et c'est aussi la première machine à vapeur à rotation.

Un peu de technique :

Les dimensions du véhicule sont importantes : 7,25 m de long, 2,19 de large. Les roues arrière ont 1,23 m de diamètre. Il ne pèse pas moins de 2,8 tonnes à vide et environ 8 tonnes en charge : ancêtre, outre de l'automobile, de nos chars d'assaut modernes, le fardier est avant tout conçu pour le transport des canons. La célèbre « marmite », cuve à eau du système de propulsion, mesure près d'1,50 m de diamètre.

Le fardier utilisait un moteur dérivé de la machine de Thomas Newcomen pour faire tourner une roue motrice unique à l'aide de deux pistons transmettant l'énergie fournie par une chaudière à vapeur. La « marmite » contenait une réserve d'eau portée à ébullition par un foyer à bois, et la vapeur se transmettait, par un tuyau, à deux pistons entraînant la roue dans un mouvement circulaire (machine dite « atmosphérique » de type Newcomen). Le véhicule disposait de quatre commandes : le frein, les poignées de direction (sorte de volant qui agissait sur la roue motrice), une tringle, qui jouait le rôle d’accélérateur en actionnant le robinet de vapeur, et deux cliquets inversant le mouvement à double effet des pistons et provoquant la marche arrière.

Demeuré à l'état de prototype, le fardier souffre de graves défauts de jeunesse. Tout d’abord la mise en œuvre est très longue : l’eau doit atteindre la température voulue ; puis le combustible se consume très rapidement. Les pauses pour recharger le moteur sont donc fréquentes : toutes les douze minutes environ. Le Fardier, lorsqu’il est en côte, ne développe pas assez de puissance, du fait de la faible pression de la vapeur. Cugnot n’a pas résolu le problème du freinage, qui pouvait être fatal en descente : la simple pédale qui sert de frein est pratiquement inopérante dans ce cas. Enfin, la vitesse maximale, bien que constituant un succès scientifique remarquable, (entre 3,5 et 4 km/heure) permettait néanmoins tout juste de suivre une armée à pied. En dépit de son utilité certaine dans le transport de charges lourdes, le fardier de 1771 n'était pas, en l'état, capable de remplacer efficacement les chevaux.

Et les finances ?

La réalisation d’un tel projet nécessite des fonds considérables : il coûta environ 20 000 livres . L'armée ne lésine donc pas : ce nouveau système de transport d'armes lourdes suscite un intérêt indéniable. C’est grâce au soutien financier de Gribeauval et de Choiseul que le second fardier fut construit après les essais du premier en 1769 : on fait alors appel à Brezin dès avril 1770 pour le lancement du « chantier » ; les pompes ( cylindres et piston) sont fabriquées à l’Arsenal de Strasbourg. Rien n'est refusé au bon déroulement de ce projet d'avant-garde. 

De son oubli …..

Alors que l'engin est réparé, en juin 1771, Cugnot perd deux de ses précieux soutiens, Choiseul et Gribeauval : le premier a quitté ses fonctions un an plus tôt ; le second, le nouveau ministre montrant moins d'intérêt que son prédécesseur pour l’innovation, se voit privé de l’appui financier nécessaire. Les essais ne peuvent se poursuivre. Le prototype est donc entreposé à l’Arsenal, où il tombe dans l’oubli. Aujourd’hui, il est entreposé dans l'abbaye de Saint-Martin-des-Champs, qui fait partie du Musée des Arts et Métiers.

à sa renaissance ?

La municipalité de Void-Vacon a décidé d’examiner la possibilité de mettre sur la route un nouvel exemplaire du fameux fardier.

Dés à présent, elle a affronté la première étape d’un processus qui s’avère audacieux et passionnant. C'est-à-dire l’aspect technique ?

Pour ce faire, elle a eu recours à des élèves ingénieurs de l’école de Arts et Métiers à Paris Il s’agit en effet de réaliser une réplique du « fardier » original, mais en tenant compte des contraintes des temps actuels en matière de sécurité si l’on veut le faire circuler dans les rues de la commune et d’ailleurs. Les deux principaux points concernent la cuve en pression et le freinage. Aurélien Belnoue et Benjamin Daniel sont venus présenter en mairie le résultat de leurs travaux : ils ont recensé tous les éléments dont est constitué le fardier en les ordonnant par métier. En effet, le souci de la municipalité est de confier le maximum des travaux à des entreprises locales pour que la population se sente partie prenante à cette opération. Les artisans présents ont tout de suite accepté de participer à cet ambitieux projet. Il leur a été demandé de fournir des devis afin de pouvoir passer à l’étape suivante qui est celle de l’étude du financement.

En attendant, la municipalité a installé une stèle commémorative sur le lieu où existait la maison de la naissance de notre gloire locale Nicolas Joseph Cugnot.

 Les informations ont été tirées en partie du site de Wikipédia. Cet article a été présenté par François Xavier Gilbert (2010)