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Picardie : Une nouvelle vie pour la sucrerie de Francières

Une nouvelle vie pour la sucrerie de Francières

La sucrerie sera bientôt transformée en centre d’interprétation du sucre

http://www.cr-picardie.fr/Une-nouvelle-vie-pour-la-sucrerie

Le sucre a fait l’histoire de la Picardie

Première région sucrière depuis la fin du XIXe siècle, la Picardie est le berceau du sucre. Entre 1880 et 1910, elle comptait près de 200 sucreries. « La Picardie a toujours été à la pointe de l’industrie sucrière et ses sucreries ont servi d’exemple en France comme à l’étranger » rappelle Bertrand Fournier, chercheur au service de l’inventaire du Conseil régional. Celle de Francières (60) est l’une d’entre elles. Créée en 1829, elle a su se développer et évoluer pendant 140 ans, tout en conservant son patrimoine. En témoignent le pavillon d’entrée de 1829 et le four à chaux de 1860. Mais face au développement des grands groupes industriels, elle n’a pas résisté : elle a fermé ses portes en 1969 et laissé son site à l’abandon depuis cette date. Menacée de destruction, la sucrerie de Francières a été inscrite aux Monuments historiques en 1999. « C’est tout un patrimoine industriel qui représente l’identité même de la Picardie. C’est important que ce lieu reste vivant ».

Une vie sociale autour de l’usine

Aujourd’hui en phase de nettoyage, la sucrerie sera réhabilitée en 2011 et ouverte au public début 2012. « Ce centre d’interprétation sera un lieu de mémoire de l’industrie sucrière » précise Michel Varoqueaux, président de l’association de sauvegarde de la sucrerie de Francières. Celle-ci œuvre depuis près de 15 ans pour qu’un tel projet voie enfin le jour. Forte de ses 350 membres, dont plusieurs anciens salariés, elle en assure actuellement la maîtrise d’ouvrage. « Nous serons bientôt les seuls témoins de ce passé ! » souligne Michel Varoqueaux. En effet, 80 personnes y travaillaient et toute une vie sociale s’y est développée. « Des familles entières ont travaillé ici, de père en fils » rapporte Jean-Pierre Bricout, propriétaire du site. « Il y avait une vie en autarcie. Les salariés logeaient en face de l’usine, allaient à la messe dans la chapelle de l’usine, leurs enfants étaient scolarisés dans l’école de l’usine. Le sucre était fourni, tout comme le lait, le charbon ainsi qu’un petit lopin de terre ».

Un lieu pour tout savoir sur le sucre et les agro-ressources

Ce centre d’interprétation évoquera l’histoire sociale et architecturale du lieu, mais aussi l’histoire des techniques. Une portion de 15 mètres de long d’un énorme diffuseur sera installée. Cet appareil emblématique de l’industrie sucrière permettait de produire plus et en moins de temps. Grâce à un système d’osmose, l’eau chaude passait dans les betteraves et facilitait considérablement l’extraction du jus. Paul Personne, président d’Ombelliscience Picardie, travaille aussi sur le contenu de la future vitrine du pôle Industries et agro-ressources (IAR). « L’objectif est de faire de ce site une référence sur la fabrication du sucre, mais également sur les activités d’innovation autour des plantes industrielles ; un lieu qui soit attractif pour des publics diversifiés. C’est un vrai challenge ! », confie-t-il. Une vitrine du pôle Industries et agro-ressources y aura donc toute sa place, avec une présentation de la valorisation des productions végétales de la région, notamment la betterave.

Le pôle IAR, l’avenir du végétal

« Le pôle IAR valorise tous les composants de la plante entière, c’est le concept de bio-raffinerie. Ainsi, les co-produits de l’alimentaire issus de la betterave, du lin, du blé ou du colza peuvent être utilisés pour produire de l’énergie, des carburants, des matériaux ou des molécules chimiques » explique Thierry Stadler, directeur général du pôle de compétitivité. Nombre d’industries liées aux agro-ressources utilisent 50 % d’énergie en moins sur la fabrication des produits et peuvent réduire de 70 % les émissions de gaz à effet de serre. Toute la plante est valorisée pour ne pas avoir de déchets. « Avoir une vitrine du pôle IAR à la sucrerie permettra d’expliquer au grand public ce qu’est le pôle Industries et agro-ressources. A l’appui, une maquette d’une bio-raffinerie, une borne interactive, des objets issus de cette industrie… ».