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Wasselonne : le temps s'est arrêté à la filature Ebel

Ce qui saisit la gorge et le nez, quand on pénètre dans la filature Ebel, c'est l'odeur : poussière, humidité, renfermé. Puis viennent le froid, et la pénombre. Enfin, on aperçoit comme une silhouette blanche et grosse et comme ensevelie sous de la neige artificielle. « C'est la carde, celle-là. Mais d'abord, il faut monter avant que j'explique », entame Paul Ebel, ancien patron de l'entreprise familiale.  A l'étage donc, la lumière est plus vive, le parquet plus clair. « Il y a encore une bouteille....

 Lire l'article avec photos sur le site des Dernières nouvelles d'Alsace du dimanche 4 avril 2010

http://www.dna.fr/articles/201004/04/le-temps-arrete,molsheim,000001702.php

 

 


Pierre Fluck, à l'origine de la visite, est professeur d'archéologie industrielle à Mulhouse, le seul en France. Il a emmené vendredi à Wasselonne la promotion du master Sciences et informations des métiers de la culture, spécialité « Patrimoines et musées ». L'objectif  : sensibiliser ces jeunes « au patrimoine industriel, sous ses trois aspects, technique, sociétal et historique ». L'après-midi, les élèves ont « exploré » le domaine Pasquay.

 


Pourquoi avoir emmené vos élèves à Wasselonne ?
« Pour le patrimoine industriel, c'est la ville idéale. On a ici le plus bel exemple alsacien de ce qu'on appelle « rivière usinière », avec la Mossig. A une époque, il y avait là un chapelet d'industries  : tanneries, manufactures, brasserie, filature, papeterie... C'est exceptionnel. »
La filature Ebel a-t-elle une valeur patrimoniale ?
« Des bâtiments comme ça, il n'y en a que trois en France, pour ce qui est des filatures. Dans le jargon, on les appelle des "belles au Bois-Dormant". L'entreprise a gardé tout son équipement, rien n'a bougé. C'est extrêmement rare, en général les machines sont revendues ou ferraillées. »
Comment dans ce cas mettre en valeur la filature  ?
« Je suis résolument opposé à bouger ce qui subsiste, par exemple emmener les machines à l'Ecomusée, ou au musée du textile. Il faut garder la filature dans son jus, c'est ce qui fait son intérêt. Je ne suis pas du tout pour faire des musées partout, mais là, je pense que ça se justifie. »
Ça paraît compliqué...
« Les obstacles sont bien sûr financiers. Ce n'est pas à un particulier d'assumer ce coût, bien sûr, ni à Wasselonne toute seule. Il faudrait trouver d'autres soutiens. Mais il y a aussi le blocage psychologique. La désindustrialisation a causé un traumatisme. Il faut du temps pour en faire le deuil, et c'est en partie pour ça que les Alsaciens rejettent le patrimoine industriel. Mais c'est pour les générations futures qu'il faut le faire. Il faut penser sur le long terme. Et puis ici, ce n'est pas démesuré. Avec le soutien des collectivités, ça pourrait se faire. »