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Revue de presse : pour la dernière cheminée de Bailleul

http://www.lavoixdunord.fr/region/bailleul-ils-se-battent-pour-conserver-la-cheminee-hie-ia18b47634n2123914

Bailleul : ils se battent pour conserver la cheminée Hié, dernier «beffroi du travail» de la ville

PUBLIÉ LE 09/05/2014 PAR MARIE CAROF-GADEL

Elle fait partie du patrimoine industriel de la cité de Mélusine. La cheminée de la friche Nordlys, qui date de 1920, est le dernier vestige de ce passé d’usine. La huitième édition des « Beffrois du travail », organisée dimanche par le conseil général, veut sauver de l’oubli les cheminées. À Bailleul, un collectif s’est créé.

Il y a deux types de Bailleulois. Ceux qui passent devant sans jamais la voir et ceux qui, de temps à autre, lèvent le nez. Alain Talleu et Charlotte Valois sont de la deuxième catégorie. Pas difficile : « la cheminée, on la voit de notre lit ! »

 

Quand Alain Talleu, instituteur en CM1-CM2 à l’école Victor-Hugo est revenu s’installer à Bailleul en 2007, il a voulu en savoir plus. « La friche Nordlys est un enjeu politique depuis des années : elle devait devenir une médiathèque, accueillir des logements, un marché couvert… Aujourd’hui, ça stagne, le site se détériore. Mais il ne faudra pas oublier que la cheminée est aussi un morceau de l’histoire des Bailleulois. »

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Pour faciliter cette appropriation, il a créé avec des riverains le collectif Hié-Hié qui participera à la huitième édition des Beffrois du travail. Les enfants du groupe scolaire Jan-de-Belle ont fabriqué des affiches, des calligrammes autour de la « Chemin’Hié », ils ont également réalisé un véritable travail d’historiens en rencontrant d’anciens salariés.

 

Des salariés qui seront là dimanche pour une journée de découverte du site. Joseph Lebleu sera de la fête. « Je suis arrivé en 1967 comme mécanicien et j’ai gravi les échelons. Il y a une fierté quand je vois cette cheminée : on a eu de bons moments ici, on a connu des périodes de croissance où on ajoutait chaque année une ligne de production. La cheminée doit être conservée. » Seul regret des organisateurs : « on ne pourra pas accéder au site, le conseil général, qui en est propriétaire, refuse. »

Dimanche, de 15 h à 18 h. Rendez-vous à l’école Sévigné, 10, rue Saint-Jacques. Cortège musical vers la chemin’Hié et vers l’hôtel de ville pour lancer l’appel à la conservation. Gratuit.

Un peu d’histoire

Le site Hié a été créé dans les années 1860 par Hyacinthe Hié, propriétaire de quatre ateliers de tissage. À l’époque, Bailleul se développe avec l’arrivée du chemin de fer. En1864, la société Hié et Cie est créée. La spécialité de la maison est la fabrication de la toile d’Armentières. Bailleul est touchée de plein fouet par la Première Guerre mondiale, le bâtiment est très endommagé. La cheminée, telle qu’on peut la voir aujourd’hui, est érigée en 1920. Les tissages s’arrêtent dans les années 50. C’est en 1966 que l’usine renaît : les bâtiments de Nordlys à Armentières sont dévastés par un incendie le 23 juin, la société investit alors les locaux bailleulois. Nordlys se développe rue Émile-Hié jusqu’en 1994 : le site, devenu trop petit, est abandonné. PGI-Nordlys s’installe alors dans la ZAC de la Blanche-Maison. La cheminée Hié est la dernière de la ville, qui en a compté jusqu’à quarante.