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Parution de la lettre 38 PIWB

En tête de cette édition datée de décembre 2013 : 

Un voeu pour 2004 : conserver un haut-fourneau en Wallonie

 A la suite de l’industrie charbonnière, la sidérurgie a influencé fortement l’histoire de la Wallonie et a marqué profondément son paysage. Mais la sidérurgie à chaud, principalement la fabrication de la fonte, disparaît aujourd’hui en Wallonie.

Le haut-fourneau était l’outil fétiche du sidérurgiste, l’équivalent du châssis à molettes pour le mineur. Il excitait les imaginations. Pour preuve les nombreux surnoms trouvés pour le désigner : la bête, la bouche à feu, le dragon, le monstre, le titan, la tour de feu ou encore le mastodonte.

 

En 1960, il y avait 57 hauts-fourneaux presque tous disparus aujourd’hui : 24 à Liège (il en reste 2 à l’arrêt), 5 chez Boël à La Louvière, 5 à Clabecq (il en reste 1 à l’abandon), 2 à Athus dans le Sud-Luxembourg et 21 au pays de Charleroi (il en reste 1 en danger).

Comme les clochers d’église ou comme les beffrois des hôtels de ville, ces monuments industriels se dressent dans le ciel comme un point de repère auquel la population des bassins sidérurgiques s’identifie fortement. Voir disparaître tout haut-fourneau du paysage, ce serait perdre une partie de l’âme de notre région.

D’autres bassins industriels ont montré l’exemple en préservant un ou plusieurs hauts fourneaux parfois insérés dans des complexes sidérurgiques sauvegardés :
- le site de Völklingen, dans la Sarre, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO
- les hauts-fourneaux de Duisburg dans la Ruhr également en Allemagne ;
- le haut-fourneau d’Hattinger aussi dans la Ruhr ;
- le site de Belval à Esch-sur-Alzette dans le Grand Duché du Luxembourg ;
- le parc d’Uckange en Lorraine.

On peut imaginer pour le haut-fourneau conservé :
- un parc paysager aménagé avec des activités nouvelles : entreprises, logements, loisirs après la dépollution des sols ;
- une mise en lumière qui le transformerait dès la nuit tombée en une œuvre d’art ;
- un itinéraire de visite, par un chemin sécurisé jusqu’au sommet du haut-fourneau. Les anciens ouvriers apporteraient aussi un regard émouvant sur la sidérurgie ;
- une programmation culturelle accompagnant la valorisation patrimoniale de ce lieu de mémoire : artistes et créateurs seraient invités à présenter leur travail ou à créer des œuvres uniques.

A Charleroi, les jours semblent être désormais comptés pour le haut fourneau N°4 de Marcinelle, sur l’ancien site de Carsid. Le propriétaire Duferco, les pouvoirs publics et particulièrement les autorités wallonnes et communales doivent prendre leurs responsabilités et choisir une voie qui concilie la préservation de cette mémoire et les enjeux industriels avec le nouvel aménagement de la Porte Ouest de la ville.

Par mesure conservatoire, un groupe de défense s’est constitué ce 13 janvier pour demander son inscription sur la Liste de sauvegarde par le Ministre du Patrimoine. Une pétition est en ligne sur www.petitions24.net/sauvons_le_haut_fourneau_4_de_charleroi

L’enjeu du patrimoine sidérurgique est de taille et concerne toute la Wallonie. Ce sera d’ailleurs l’objet d’un colloque sur le patrimoine de l’industrie lourde du XXe siècle que PIWB organisera en juin prochain en collaboration avec l’Institut du Patrimoine wallon.

Tous nos vœux de santé, de prospérité et de bonheur pour la nouvelle année !

Jean-Louis DELAET - Président


 

Lire la suite de la lettre par le lien suivant 

http://patrimoineindustriel.be/Newsletters/display/113/