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Appel à communication du Premier colloque international Mineurs du Monde

Appel à communication du Premier colloque international Mineurs du Monde

Les houillères, entre l’État, le marché et la société : Les territoires de la résilience (XVIIIe - XXIe siècles)

De nombreuses études éclairent l’évolution de l’activité charbonnière en Europe, sa contribution à l’industrialisation et les problèmes soulevés par sa reconversion.
Plus rares sont les travaux qui s’intéressent aux remarquables capacités d’adaptation des sociétés charbonnières face aux différents chocs supportés depuis trois siècles.
Le premier colloque Mineurs du Monde, organisé au printemps 2013  par le Conseil Régional Nord-Pas de Calais et l’université de Lille-3 à l’Arena Stade Couvert (Liévin, Pas-de-Calais, France), vise à mobiliser la communauté des chercheurs en sciences humaines et sociales autour de la question de la résilience des territoires d’extraction de la houille depuis le XVIIIe siècle.

Les houillères ont été les moteurs de l’industrialisation des XVIIIe et XIXe siècles, les pivots stratégiques des deux guerres mondiales, les moteurs des deux reconstructions, un des enjeux de la guerre froide et de la compétition économique du XXe siècle. Subissant la concurrence d’autres sources d’énergie, les houillères ont anticipé, innové et réagi jusqu’à la fermeture des puits et aux dernières reconversions. Quels sont les ressorts de leur dynamisme ? Sont-ils les mêmes dans tous les bassins ?
Comment se manifeste cette adaptabilité et quels sont ses effets ? Quel a été/est le rôle respectif dans cette adaptation des États, des entreprises ou des compagnies ? Plus largement, quel a été/quel est celui des acteurs politiques, économiques et sociaux européens, nationaux, régionaux, voire locaux ? Dans quelle mesure les réactions aux chocs extérieurs sont-elles propres au secteur charbonnier ? Autant de questions qui incitent à s’intéresser aux ressorts de la résilience de ces territoires en invitant à des approches pluridisciplinaires et comparatives, ouvertes sur différents espaces (régionaux et nationaux, européens et mondiaux) et sur différentes périodes. Les questions abordées sont regroupées en quatre axes thématiques.

Les populations des bassins houillers dans des sociétés industrielles et techniciennes.
Ce premier axe concerne les migrations et la circulation des hommes, des connaissances et des idées à l’intérieur des bassins houillers et vers l’extérieur. Il porte autant sur les aventures individuelles - qui sont à l’origine de la découverte et de l’exploitation des filons - que sur l’évolution des techniques de l’exploitation du charbon et sur l’histoire collective des mineurs et de leurs familles depuis le XVIIIe siècle.
Les formes du travail dans la mine, l’organisation des travailleurs, le poids des syndicats et l’impact des grèves, leurs effets sur la société environnante et sur les débats nationaux - voire européens - mais aussi, les transformations démographiques et sociales induites par les reconversions constituent le pivot de cet axe.
Il s’agit de déterminer dans quelle mesure les caractéristiques des populations des bassins houillers influencent leur capacité d’adaptation aux chocs extérieurs. Il s’agit plus largement de s’interroger sur les ressources de la communauté des mineurs et des dirigeants des houillères pour affronter le changement.

Les houillères face aux risques et aux incertitudes et la stratégie des États et des groupes miniers.
Le deuxième axe concerne à la fois l’histoire des sociétés minières et celle des Etats, parties prenantes de l’aventure du charbon, abordée à différentes époques et dans différents contextes géopolitiques.
Il vise d’abord à éclairer les stratégies déployées par les acteurs collectifs, publics et privés, face aux circonstances exceptionnelles des catastrophes, des guerres, des reconstructions, puis des reconversions.
Cet axe s’intéresse ensuite aux formes permanentes de l’encadrement des activités minières (évolution de la législation et des réglementations, présence ou non de corps de contrôles comme le corps des Mines en France) qui favorisent - ou ralentissent - leur adaptation aux transformations conjoncturelles et structurelles des marchés.
L’organisation des houillères pendant les deux guerres mondiales du XXe siècle puis pendant les sorties de guerre, l’évolution des politiques charbonnières pendant les « Vingt Glorieuses » (1952-1972) ou encore la comparaison de l’efficacité de Charbonnages de France - issue de la nationalisation - avec celle du National Coal Board britannique dans la même période, informent sur les pratiques publiques et privées des responsables des bassins qu’il conviendra d’appréhender à l’échelle de l’Europe, de la nation, de la région, voire des municipalités, pour y chercher les fondements de la résilience des bassins.

La résilience dans les bassins houillers fragilisés.
Le troisième axe retenu concerne la façon dont le territoire s’adapte aux changements sanitaires et environnementaux induits par l’activité charbonnière puis au choc que représente la fermeture des puits.
Incitant à identifier la nature des chocs et à définir les stratégies d’adaptation pour y faire face, il distingue deux types de réactions :
•       D’une part, si l’on considère que l’extraction de charbon génère des
impacts sanitaires et environnementaux importants qui modifient les écosystèmes de manière souvent irréversible et engendrent des maladies aux conséquences également irréversibles, on peut s’interroger sur la manière dont les territoires miniers peuvent (ou ont pu) s’adapter à ces changements. Quelles solutions techniques, juridiques, économiques, organisationnelles ont été avancées pour réagir à ces impacts et quels enseignements peut-on en tirer pour disposer d’atouts pour l’avenir ? Dans quelle mesure les sociétés confrontées aux risques miniers ont-elles développé des stratégies d’adaptation spécifiques ?
•       La reconversion des bassins ensuite, pose à la fois des questions
d’ordre économique, politique, social, environnemental et psychologique qui incitent à s’interroger sur les effets des fermetures de puits sur les sociétés minières, sur les relations entre les acteurs et sur la façon dont une communauté construite autour de la mine peut se reconvertir.
L’analyse des stratégies introduites dans les différents bassins miniers ayant vécu une situation similaire/comparable serait à faire. Des communications orales de chercheurs pourraient être utilement complétées de témoignages d’acteurs ayant vécu ces transformations et/ou à l’origine des réponses apportées par la société pour aller vers des territoires résilients.

La mémoire des houillères.
Comment se façonne une mémoire après la fermeture des puits ? Le dernier axe souhaite mobiliser les archivistes, les historiens, les sociologues, mais aussi des acteurs et des témoins, d’anciens mineurs ou des membres d’associations qui cherchent dans le passé charbonnier les moyens d’envisager l’avenir.
Pour l’historien, il s’agit de réfléchir à la façon dont on peut écrire l’histoire des bassins après la fin du charbon, de s’interroger, avec les archivistes et d’autres spécialistes des sciences humaines et sociales, sur les matériaux disponibles et sur la façon dont on peut constituer et préserver une mémoire collective après les reconversions.
Une table ronde réunissant les témoins des reconversions (anciens mineurs, représentants de la direction des houillères et des autorités politiques) et des observateurs (historiens, archivistes, statisticiens, journalistes,
chercheurs) permettra des échanges sur cette question.



 Les propositions de communication sont à envoyer à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (Indiquer « Colloque Mineurs du monde » en objet) avant le 15 septembre 2012 sous la forme d’un résumé de 3 000 caractères (espaces compris), précédé d’un titre et accompagné d’un bref curriculum vitae de l’/des auteurs (une page), précisant leur rattachement institutionnel et leur statut. Le comité scientifique donnera sa réponse fin octobre 2012 et les textes des communications (30 000 caractères
maximum) seront à envoyer pour le 1er mars 2013.

Coordination et organisation scientifique :
Sylvie Aprile, Professeure des Universités en histoire contemporaine, Université de Lille 3.
Matthieu de Oliveira, Maître de conférences en histoire contemporaine, Université de Lille 3.
Béatrice Touchelay, Professeure des Universités en histoire contemporaine, Université de Lille 3 – IRHiS UMR CNRS 8529.

Renseignements complémentaires : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

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Matthieu DE OLIVEIRA
Maître de conférences en histoire contemporaine Resp. du Master "Monde du travail et Archivistique"
Université de Lille 3 - UMR 8529 IRHiS
http://irhis.recherche.univ-lille3.fr/5DeOliveira.html